Congo-Brazzaville: Musique - Lucie Eyenga, une grande chanteuse de la musique congolaise

Musicienne, auteure compositeur et perfectionniste, elle est la première femme congolaise qui a su s'imposer dans cet univers. Lucie Eyenga demeure l'une des doyennes de la musique congolaise des années 1950 et 1960.

Née en 1934 à Bandaka, alors Coquelethville au Congo belge, Lucie Eyenga a été découverte pour la première fois par Zacharie Elenga, dit "Jhimmy", en suite en 1954 à Léopoldville (Kinshasa) par le guitariste "hawaïen", Zacharie Elenga qui, à l'époque faisait accompagner par le chant tsilumba wa boliji. Ils vont ainsi l'enrôler au sein des éditions "Opika" qui à cette époque manquait cruellement de chanteuse de pointe, contraire aux éditions "lonongisa"qui, en ce temps-là, brillait de mille feu avec la tendre chanteuse de romance Marie Kitoto accompagnée par le guitariste Henri Bowane qui est surtout connu pour ses deux légendaires chansons "Yo kola ye kele", "Ya bissa se melembe" parues en septembre 1991.

Ainsi, Lucie Eyenga va vite s'affirmer plus que jamais comme chanteuse originale, expressive, plus accomplie qui sait improviser, comme un grand instrumentaliste et qui donne avec une personnalité particulière, le poids qu'il faut à chaque expression. Lucie Eyenga fera l'admiration du chanteur Joseph Kabasele, des arrangeurs et instrumentalistes des éditions "Opika" qui l'acceptent avec beaucoup de bonheur, la considérant comme une chanteuse à l'expression facile dans la composition des chansons de bonne qualité, accessible au grand public, où l'accent est mis sur ses harmonies vocales.

En effet, c'est en 1984 qu'elle a acquis une renommée bien méritée, grâce à sa toute première chanson "Bolingo ya la joie", dédiée à l'association féminine kinoise "La joie", accompagnée par les guitaristes Baloji, dit Tino Baroza, et Charles Mwamba, dit Déchaud, le bassiste Albert Taumani et le saxophoniste Isaac Musekiwa. De cette chanson naquit la véritable Lucie Eyenga authentique de l'african jazz, impressionnante de force, de rudesse, de conviction où aucune chanteuse de l'époque ne pouvait égaler.

Outre l'orchestre African Jazz qu'elle a acquis entre 1954 et 1956 sa plus grande réputation nationale et internationale, Lucie Eyenga a atteint son apogée dans l'orchestre Rock-A-Mombo entre 1957 et 1958, où son apport fut énorme, notamment à travers ses chansons au grand succès telles que Brigitte, Mabe na yomoko, dit Moninga, Nasepeli mingui, Zozo moke, qui ont fait d'elle l'une des chanteuses les plus douées de sa génération, l'une des seules à ne pas s'enliser dans la concession, à la mode à cette époque.

Par ailleurs, en 1973, elle sera retenue pour faire partie du groupe mémorable "Bakolo moziki" composé des grands noms de la musique congolaise des années 50, au tour d'une anthologie de la musique zaïroise, recommandée par le président de la République du Zaïre (RD Congo). Elle forge sous la direction artistique d'Antoine Nedule "papa noël", avec un répertoire des chansons au grand succès, aux éditions Opika. Après cette expérience, en 1973 elle refait surface dans African Fiesta sukisa du Dr Nico Kasanda, avant de se lier à sa sœur Asiki Misikini. Les deux voix s'unissent et réalisent deux albums à l'IAD "Industrie africaine du disque" à Brazzaville.

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