Congo-Brazzaville: Travaux publics - Le BCBTP sollicite un coup de pouce

Les ministres de l'Economie, de l'Industrie et du Portefeuille public, Gilbert Ondongo, et de l'Equipement et de l'Entretien routier, Emile Ouosso, ont visité, le 22 juillet à Brazzaville, le Bureau de contrôle du bâtiment et des travaux publics (BCBTP), avec pour mission de redorer le blason de cette entreprise publique, terni par la conjoncture économique.

Faire du BCBTP un véritable laboratoire de référence en Afrique subsaharienne est l'ambition que caresse la tutelle de cette entreprise publique. Etablissement public à caractère scientifique et technique créé en 1986, le BCBTP a fait l'objet de grands investissements de la part des pouvoirs publics, au point de figurer, au regard des équipements en sa possession, « en tête des bureaux les plus performants en Afrique subsaharienne », a déclaré son directeur général, Pierre Nkoua.

Faute de marchés, ce matériel à grand rendement est menacé de ruine, sans avoir pu assurer un efficient retour sur l'investissement. Tous les marchés financés sur fonds publics sont arrêtés, faute de crédits. Les créances importantes dues par les maîtres d'ouvrages publics ne sont pas non plus recouvrées, pendant que les charges pèsent considérablement sur le fonctionnement de la structure. La subvention d'équilibre devant servir à assurer un fonctionnement minimal de l'entreprise est devenue aléatoire.

« Depuis trois exercices, le taux de recouvrement de ladite subvention par le BCBTP a difficilement dépassé le seuil de 20%. En 2019, il n'a été perçu que deux mois jusqu'à ce jour pour l'exercice en cours », a expliqué Pierre Nkoua.

Cette situation a pour conséquence immédiate, la difficulté pour l'entreprise de faire face à ses différentes charges, ce qui constitue, selon le directeur général du BCBTP, un véritable terreau propice au développement des mouvements de revendications et de contestation de tous genres.

La situation, poursuit-il, devient plus préoccupante avec la parution de la pandémie à coronavirus covid-19 qui a ébranlé le système économique mondial et, par ricochet, continue d'affecter l'économie nationale, marquée par une baisse drastique des activités du secteur des bâtiments et travaux publics.

Ainsi, l'activité du BCBTP a enregistré une forte contraction entre 2016 et 2018 de -70% environ. « Dans ce contexte économique et social très difficile, ne survivront que les organisations dotées de hardiesse et du vrai sens de l'anticipation », a souligné Pierre Nkoua.

A l'issue d'une séance de travail avec les experts du bâtiment, le ministre d'Etat, Gilbert Ondongo, a partagé, à la presse, un sentiment oscillant entre satisfaction et insatisfaction. Pour ce membre du gouvernement, il sera question de donner des moyens à cette structure pour qu'elle devienne un établissement performant remplissant correctement son rôle. « Le ministère en charge du portefeuille public a des ambitions pour cet établissement. Nous avons un bel instrument même si nous n'avons pas toujours des moyens nécessaires à mettre à sa disposition », a-t-il assuré.

Objectif : l'horizon 2025

Pour venir à bout de cette situation, ce bureau a mis au point un programme quadriennal sur lequel s'est prononcé le dernier comité de direction, et dont l'objectif est la mise en orbite de l'entreprise comme ingénieur public performant au plan national, avec un rayonnement sous-régional, voire international, à l'horizon 2025.

A terme, il sera question de faciliter la régulation du système concurrentiel à travers le contrat d'engagements et d'objectifs et une offre adaptée au secteur privé ; offrir des prestations conformes aux meilleures pratiques internationales ; transformer l'image d'un bureau de contrôle à faible valeur ajoutée en celle d'un véritable laboratoire d'ingénierie à forte valeur ajoutée ; et améliorer la performance opérationnelle du BCBTP.

Dans cette optique, la direction générale entend dans l'immédiat, régler définitivement la question de la dette et des créances, réduire les charges du personnel, acquérir un nouveau matériel et procéder à la réparation de l'existant.

En tenant compte des contraintes conjoncturelles, cette structure projette également de moderniser les installations, nouer des partenariats avec certaines entreprises nationales comme étrangères. Au nombre des recommandations figurent également la systématisation de la formation continue du personnel en vue d'améliorer les compétences et la qualité des prestations fournies.

« Cette synergie, nous en sommes certains, permettra à l'entreprise de se rebâtir, notamment en assumant ses charges et en se projetant dans l'avenir. Cependant, la prospérité de ces mesures ne saurait être garantie sans votre appui », a-t-il dit en présence des membres du gouvernement.

Et de conclure : « En vue de redorer le blason de légendaire pays de transit du Congo en Afrique centrale et de promouvoir de ce fait son développement, nous avons foi en l'avenir du BCBTP comme ingénieur public performant. Le personnel du BCBTP se met en ordre de bataille pour relever, notamment dans le domaine qui est le sien, les défis de la modernisation du Congo ».

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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