Congo-Kinshasa: Tensions entre le Cash, le FCC et l'UNC - Jusqu'où tiendra la coalition au pouvoir ?

FCC : Néhémie Mwilanya et Shadary tirent la sonnette d’alarme !
23 Juillet 2020

Marches et contre-marches ! C'est ce à quoi l'on assiste depuis peu en République démocratique du Congo (RDC), ce pays-continent connu pour ses soubresauts sociopolitiques et ce, depuis qu'il est dirigé par une coalition de parti politiques.

En effet, d'un côté, l'on a le Cash du président Félix Tshisékédi et de l'autre, le Front commun pour le Congo (FCC) de l'ex-président Joseph Kabila qui détient la réalité du pouvoir puisqu'en plus d'être majoritaire à l'Assemblée nationale et au Sénat, il dirige la Primature.

Et ce n'est pas tout. Le FCC entend désormais diriger la Commission électorale nationale indépendante (CENI), d'où la nouvelle tension entre lui et le Cash d'autant que même validée par l'Assemblée nationale, la victoire de Ronsard Malonda, connu pour être l'homme-lige de Kabila, à la tête de l'instance électorale, n'a pas été confirmée par le chef de l'Etat par ordonnance.

Et comme pour ne rien arranger, ce dernier a procédé à un véritable chamboulement au sein de la hiérarchie de l'armée et de la magistrature, deux leviers que le FCC de Joseph Kabila veut contrôler à tout prix et de très près.

Depuis que le président Tshisékédi a laissé faire les juges la peur, s'est emparée du clan Kabila qui fait feu de tout bois

C'est donc en réaction à ces nouveaux développements que les pro-Kabila sont descendus par milliers dans la rue, à Kinshasa, avec pour motif officiel de « soutenir les institutions et la Constitution ». Cela ne manquera pas de faire sourire certains quand on sait que s'il y a une plateforme politique qui travaille à caporaliser les institutions et à fouler au pied la Constitution, c'est bien le FCC.

En témoigne la dernière réforme judiciaire proposée par deux députés pro-Kabila, visant à mettre le parquet sous l'autorité de la chancellerie. Si ce n'est pas l'expression d'une fébrilité, cela y ressemble fort.

Car, on le sait, depuis que le président Tshisékédi, au nom du sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, a laissé faire les juges qui n'ont pas fait dans la dentelle, en condamnant son directeur de cabinet, Vital Kamerhe, à 20 ans de prison ferme, la peur s'est emparée du clan Kabila qui fait feu de tout bois pour museler la Justice.

Jusqu'où tiendra la coalition au pouvoir ? C'est la question que plus d'un se pose. Car, les militants de l'Union pour la nation congolaise (UNC) dénoncent une « cabale politique » destinée à nuire à leur président au point qu'ils étaient, eux aussi, nombreux, à la veille de l'ouverture du procès en appel de leur mentor, à battre le pavé à Bukavu.

Mais en réalité, ils ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes d'autant que Vital Kamerhe a eu l'occasion de se défendre sans jamais être parvenu à convaincre les juges quand, par moments, il n'était pas tout simplement confondu.

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