Afrique: Amadou Hott, ministre de l'économie - « La dette africaine doit être étudiée avec la spécificité de chaque État »

Amadou Hott
24 Juillet 2020

Africa Ceo forum, en partenariat avec Asfo & Co, a organisé, jeudi, un panel virtuel sur la dette en Afrique. Une occasion pour le ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott, de déconstruire la perception sur l'endettement du continent.

D'après lui, le profil de la dette n'est pas uniforme en Afrique, c'est pourquoi elle doit être étudiée en prenant en compte les particularités de chaque État.

Un panel virtuel, organisé par Africa Ceo forum, en partenariat avec Asfo & Co, a réuni économistes, experts financiers et décideurs politiques pour plancher sur le thème « Dette : quelle stratégie pour préserver les intérêts de l'Afrique à long terme ? »

Abordant la question, le ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération, Amadou Hott, a tenu à préciser que la situation de la dette n'est pas uniforme en Afrique.

« C'est une question qui doit être étudiée et analysée de manière particulière, pays par pays. Il faut tenir en compte la diversité des profils des États en matière d'endettement », a-t-il indiqué.

Exposant le cas du Sénégal, le ministre a soutenu que notre pays ne connait pas de problème sur la viabilité de sa dette ; il n'est pas non plus dans une situation de risque de remboursement. Amadou Hott de rassurer que quel que soit le type de souci, le Sénégal saura faire face.

« La question de la dette doit être examinée suivant la spécificité de chaque pays », a-t-il insisté. Sur un ton plus ferme, Désiré Vencatachellum, directeur du Département mobilisation des ressources et partenariats à la Bad, s'en prend à ceux-là qui veulent peindre toute l'Afrique en noir en matière d'endettement. Pour lui, ce n'est pas tout le continent qui est en difficulté, mais juste quelques États.

Il a ainsi souligné que dans toute l'Afrique subsaharienne, il n'y a que cinq pays (Mozambique, Rdc, Sao Tomé-et-Principe, Somalie et Soudan du Sud), qui sont en situation de détresse de dette, citant une source du Fmi. M. Vencatachellum a toutefois reconnu que la dette africaine a des soubassements structurels.

À ce titre, il a relevé que beaucoup d'économies dépendent des produits pétroliers, citant les exemples de l'Angola, de la Guinée équatoriale, de la Lybie et du Nigeria dont 90 % de leurs recettes sont tirés des produits pétroliers. C'est pourquoi il a plaidé pour une diversification des économiques afin de faire face aux éventuels chocs exogènes.

Des solutions sur la dette privée

Au cours de cette rencontre virtuelle, les panélistes ont largement évoqué la dette privée qui reste une préoccupation majeure pour beaucoup d'États de l'Afrique subsaharienne.

Sur ce point, Amadou Hott a confié que des stratégies de facilitations ont été préconisées : il s'agit de la création d'un véhicule spécial qui participera à réduire les taux d'intérêt et la perception du risque des pays.

Selon lui, il existe également un autre véhicule qui pourra bénéficier d'une garantie pour lever des fonds afin de les prêter aux États.

Interpelé sur l'appel à l'annulation de la dette africaine du Chef de l'État, Macky Sall, le ministre a rappelé que dès l'apparition de la crise sur le continent, il fallait attirer l'attention de la communauté internationale sur la situation de sa dette.

C'est dans cette optique, a-t-il dit, que le Président de la République avait lancé un appel, fin mars, pour une annulation de la dette publique.

« Si cette action n'avait pas été faite, la situation allait être beaucoup plus critique pour nos pays. Et tous les efforts qui ont été, jusque-là, consentis pendant des décennies seraient vains. Nous négocions pour voir s'il est possible de proroger l'échéance jusqu'en 2021.

Les discussions sont en cours avec les parties prenantes, telles que le G20 et autres créanciers », a soutenu M. Hott. Selon lui, il est important que l'Afrique continue à accéder aux financements extérieurs tout en ayant une réduction de la prime de risque et du coût du crédit.

Pour ce faire, il a suggéré la mise en place d'un mécanisme permettant aux États de pouvoir ajuster leurs services de la dette en cas de crise. « Il faut qu'il y ait des clauses dans les conventions de financement avec les créanciers pour prendre en compte cette éventualité », a indiqué le ministre.

Plus de: Le Soleil

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