Togo: La collecte et la vente des chaussures usées, le nouveau commerce sous le modèle "Gakpo gblégblé"

La région des Savanes est l'une des régions du Togo caractérisée par le commerce ; la ville de Dapaong, chef lieu de la région accueille des populations des pays frontaliers qui introduisent des types de commerces très méconnus ou non par les populations de la région.

Après le commerce de la ferraille communément appelée « gakpo gbégblé », les compatriotes du Burkina Faso ont introduit depuis un certain temps la commercialisation des chaussures usées.

Dans le canton de Nanergou, l'on peut solliciter l'expertise de Rasmani Kompaoré dans le domaine. D'une cinquantaine d'années, originaire du Burkina Faso, il entreprend dans le domaine depuis plus de quinze ans. Revendeur de bijoux auparavant, il s'est installé dans la ville de Dapaong en 2018 pour intensifier ou étendre son réseau de collecte et la vente des chaussures usées.

Comment arrive-t-il à entreprendre facilement ? « Je remets de l'argent aux amis qui achètent des fers rouillés et quand les ambulants qui leur apportent ces fers arrivent, on les demande de ramasser aussi les chaussures et les bouteilles.

Mes amis classent les matières selon l'arrivage et à mon tour d'aller les ramasser en ces différents lieux pour les rassembler à mon niveau.

On peut acheter directement ou échanger avec les ballons, les biscuits, les allumettes ou même des fois avec les pâtes alimentaires, c'est selon le besoin du client.

De là, on les compile dans les sacs et après avoir bien compilé, on les convoie au Burkina où nous les revendons aux grossistes qui nous accueillent. A notre niveau, le kilo varie entre 75 et 80 f et au Burkina, le kilo est entre 100 et 110 f », déclare M. Kompaoré.

Sur la place, trois jeunes se chargent du conditionnement de ces chaussures ; Namani Kolombo déclare : « nous compilons 3 à 4 sacs par jour ; ce n'est pas beaucoup mais on fait avec pour pouvoir nourrir nos familles. Le sac est à 1000 f et Dieu merci, nous nous en sortons mieux ».

Le chef de l'entreprise de collecte des chaussures (M. Kompaoré) ajoute qu' « il y a des bénéfices dans le commerce mais aussi des difficultés très grandes au rang desquelles le non achat rapide au niveau des grossistes où les marchandises peuvent passer six à sept mois sans être pris. Il n'y a pas de saison propice pour notre commerce ; on fait avec pour assumer nos responsabilités dans nos ménages ».

Touchant le point environnemental, M. Kompaoré et son équipe veulent aussi apporter ainsi leur contribution dans l'assainissement de l'environnement même si leur objectif premier est celui de garantir leur lendemain. Il invite la population à se lancer dans le domaine pour ces deux causes : le gain journalier et l'assainissement de leur environnement.

M. Kompaoré fait aussi la collecte et la vente des bouteilles vides abandonnées.

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