Congo-Kinshasa: Bunia - Les Nations Unies sensibilisent les acteurs de la lutte contre la Covid-19 sur le respect des droits humains

communiqué de presse

Jean-Tobie OKALA

Plusieurs cas de violations des droits de l'homme ont été signalés en Ituri depuis le début de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Dans le cadre de la protection des libertés individuelles, le Bureau conjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme de la MONUSCO à Bunia organise depuis le mercredi 22 juillet 2020 un atelier de trois jours pour la vulgarisation des principes directeurs des Droits humains en la matière.

Prennent part à ces sensibilisations des autorités politico-administratives, sécuritaires, judiciaires, sanitaires ainsi que des représentants des médias locaux et de la Société civile de l'Ituri.

Selon le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l'Homme de la MONUSCO à Bunia, « ces sensibilisations visent à attirer l'attention de tous ceux et celles qui œuvrent dans le combat contre cette pandémie de Covid-19 sur la nécessité de respecter les droits humains, surtout que c'est dans ce contexte que les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels sont d'une grande nécessité pour garantir le succès tant des mesures d'urgence prises par les gouvernements que des mesures de santé publique ».

La première journée de ces sensibilisations a réuni vingt-deux autorités politico-administratives et sécuritaires dont deux femmes. L'activité est organisée en partenariat avec les ONG de défense des droits de l'homme Justice-Plus, Forum des Mamans de l'Ituri (FOMI) et Synergie pour l'Autonomisation de la Femme (SAF).

Selon Bienvenu Ukech de l'ONG Justice Plus, les cas de violations des droits de l'homme les plus courants en Ituri pendant cette période de crise sanitaire sont entre autres : la victimisation et la stigmatisation des personnes atteintes par la Covid-19. Il ajoute que cela conduit au traumatisme et à une perte d'estime de soi des victimes qui se sentent ainsi marginalisées et restent recluses dans leurs domiciles.

Une autre forme de violation des droits humains pendant cette période est « la publication dans les réseaux sociaux de noms de patients atteints par la Covid-19 par certaines autorités qui ne peuvent être que sanitaires ». Cela constitue une « atteinte grave à la dignité humaine punissable par la Loi congolaise », fait remarquer Xavier Maki, responsable de l'ONG Justice Plus. « Nous savons tous qu'il suffit qu'une personne soit déclarée positive du Coronavirus pour que tout le monde la fuie. Nous devons éviter de calquer le Coronavirus à un groupe quelconque. Bien que les Etats soient appelés à prendre des décisions difficiles pour protéger les citoyens, ces décisions ne doivent pas être un prétexte de violer encore d'autres droits ».

C'est pour éviter de telles pratiques que les participants ont eu droit à la présentation des Principes directeurs du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme sur la Covid-19. Ce qui a suscité un long débat soutenu par les autorités elles-mêmes, stigmatisant la responsabilité des Gouvernements qui, en application du droit international, édictent des mesures d'urgence et mesures de santé publique sans pour autant libérer les moyens susceptibles de garantir le respect des droits de l'homme dans toutes ses facettes. Au cours du même débat, les participants ont fustigé le comportement de certains gouvernements qui ne misent que sur la solidarité et la coopération internationale pour atténuer les effets de la pandémie.

Les participants ont salué cette initiative de la MONUSCO pour la promotion des droits humains en Ituri. « C'est une bonne opportunité pour nous ici en Ituri où le gouvernement provincial fait de la lutte contre cette pandémie une préoccupation de premier plan, dans le respect des droits humains », a déclaré Etienne Unega Ege, directeur de cabinet du gouverneur de la Province de l'Ituri.

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