Guinée: La rue s'enflamme de nouveau

Après trois mois de trêve due au coronavirus, la mobilisation contre l'éventuel troisième mandat d'Alpha Condé a repris depuis lundi dernier.

Depuis trois mois, c'était le calme à Conakry. Les rues étaient restées vides. Lundi dernier, les forces de l'ordre ont encore fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants encore mobilisés contre Alpha Condé, soupçonné de préparer une candidature à sa propre succession en octobre prochain. Avec l'apparition du Covid-19, le FNDC, un collectif de partis, syndicats et représentants de la société civile, avait marqué une pause.

Cette trêve a été levée lundi, bien que les rassemblements restent interdits. Les manifestations de cette semaine, bien que n'ayant pas eu de foule immense dans les rues, ont été marquées par des heurts avec les forces de l'ordre. Selon des sources crédibles, un jeune de 22 ans a été blessé par balle au visage dans le quartier de Hamdallaye, à Conakry.

« Plusieurs dizaines d'arrestations ont également été enregistrées, dont un groupe de femmes à Lansanaya, près de la capitale », selon le FNDC.

Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a, de son côté, dénoncé « quelques groupes de loubards » qui se sont « livrés à des actes d'incivisme ».

D'après cette source, un adjudant de police a été « grièvement blessé par des jets de pierres, mais aucun cas de blessé civil en lien avec les échauffourées n'a été constaté », a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le FNDC avait régulièrement appelé à manifester depuis octobre pour faire barrage à une nouvelle candidature du président Alpha Condé à la présidentielle prévue avant la fin de l'année.

Les tentatives de médiation de la communauté internationale ne semblent infléchir ni l'opposition, ni le pouvoir en place qui continue de dérouler le chronogramme pour l'organisation de la présidentielle.

Le second mandat d'Alpha Condé arrive à échéance dans quelques mois. L'opposition est convaincue qu'il briguera un troisième mandat. Celle-ci a vainement tenté de s'opposer à une nouvelle Constitution validée lors d'un référendum le 22 mars dernier et qui autorise un troisième mandat à Alpha Condé, 82 ans.

Elu en 2010 et réélu en 2015, cet ancien opposant historique, premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires entretient l'ambiguïté autour de ses ambitions .

Plus de: Cameroon Tribune

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