Afrique: Crise au Mali - Réunion du Conseil de sécurité lundi par visioconférence

New York — Le Conseil de sécurité tiendra lundi une visioconférence à huis clos pour débattre de la crise au Mali, après l'échec de la médiation initiée par les chefs d'Etats de la Cédéao.

La réunion conviée par la Russie pour le week-end dernier, a été reportée sur proposition du Niger qui a préféré attendre les résultats de la Mission de bons offices, menée jeudi à Bamako par cinq dirigeants de cette organisation intergouvernementale.

Le représentant spécial de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), Mohamet Salah Annadif, devrait briffer le Conseil sur les derniers événements survenus dans ce pays sahélien.

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, qui préside actuellement la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a fait savoir que des décisions et des mesures importantes seront dévoilées lors de ce Sommet.

Le sommet a été convoqué dans l'espoir de trouver un compromis entre le gouvernement et le Mouvement du 5 juin-rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui demande le départ du président Ibrahim Boubacar Keita.

Les tensions qui secouent le Mali depuis le mois de juin ont dégénéré lors de la troisième manifestation du mouvement le 10 juillet. Des violences ont éclaté et se sont poursuivies tout le weekend. Onze (11) personnes y ont perdu la vie et 158 autres ont été blessées, selon les données officielles.

Ce mouvement de contestation est né après l'annonce des résultats des dernières législatives.

L'opposition reproche à la Cour constitutionnelle d'"avoir inversé une trentaine de résultats, dont une dizaine au profit du parti du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti au pouvoir.

Depuis, les différentes revendications portées par ce mouvement qui fédère opposition, société civile, syndicats et religieux ont évolué en une seule, la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK et le départ du pouvoir en place.

A cette exigence, la Cédéao a opposé un refus en indiquant qu'elle n'avait pas été "mandatée pour demander la démission du président".

"La délégation de la Cédéao a aussi affirmé qu'aucune organisation internationale ne soutiendra le mouvement M5-RFP dans sa démarche visant la démission du chef de l'Etat", argumentant sa position par "les besoins de stabilité, de la légalité et les risques à courir après le départ d'un président élu".

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