Burkina Faso: Litige ex-gare Sans Frontière - Le patron de STAF crie au complot et demande réparation

Expulsé manu militari le 18 mars dernier de l'ex-gare Sans Frontière par 25 gendarmes suite à une ordonnance judiciaire datée du 25 janvier 2018, Boureima Adama Ouédraogo, patron de la Société de transport Aorèma et frères (STAF), n'en peut plus.

Le 25 juillet 2020, il a donné de la voix. Il demande au procureur de prendre ses responsabilités en le rétablissant dans ses droits, lui qui crie à l'injustice, et au REN-LAC de se saisir du dossier pour situer les responsabilités dans cette affaire.

Sur l'affaire ex-gare Sans Frontière opposant le patron de STAF, Boureima Adama Ouédraogo, à Moussa Ouédraogo, P-DG d'OTAM, et Adama Tiendrébéogo, patron de Rakieta, on connaît un peu la version de celui qui demande à être rétabli dans ses droits. En effet, selon notre interlocuteur du jour, patron de STAF, l'affaire débute une matinée de décembre 2012, plus précisément le 30 : « J'étais dans mon bureau à Larlé. A 10 heures 15, j'ai reçu la visite de l'ex-directeur de Sans Frontière Boukaré Savadogo accompagné d'un ami. Ils sont venus me voir avec un avis de la banque SGBB qui dit qu'ils ont un délai de 24 heures pour payer deux cents millions et d'autres frais. Le tout tournait autour de trois cents millions. J'ai fait un chèque de ce montant pour l'achat de ce terrain », a indiqué Boureima Adama au début de son récit.

Une semaine après, selon les dires du patron de STAF, la banque a fait la mainlevée qu'elle a remise avec le permis d'exploitation au patron de Sans Frontière qui est revenu le voir avec. « J'ai demandé qu'il aille voir Me Seydou Balma, mon notaire, qui a fait le nécessaire. En 2013 j'ai payé plus de 29 millions pour les taxes », a-t-il détaillé.

A l'en croire c'est alors qu'il était encore dans ces démarches que le P-DG d'OTAM lui a signifié par coup de fil que lui aussi a acheté le même terrain. « En 2018, au moment où j'étais sur un lit d'hôpital à Paris, ils en ont profité et je ne sais pas comment faire le jugement. C'est mon chef de gare qui m'a appris qu'Adama Tiendrebéogo, patron de Rakieta, veut m'expulser de la gare. Depuis la France je le contacte pour comprendre, et il me jure qu'il n'est au courant de rien et qu'il n'a jamais engagé une procédure ni mandaté Me Sogodogo Moussa pour une expulsion de STAF », a relaté B. Adama Ouédraogo.

Et pour étayer ses propos, il tire d'une pile de dossiers une copie de cette première lettre adressée au président de la Cour, soutenant effectivement qu'il n'est pas au courant de cette procédure et qu'il ne connaissait même pas l'avocat Me Sogodogo en charge du dossier.

Quelques jours plus tard, le P-DG de Rakieta va se dédire et adresser une nouvelle correspondance au président de la Cour d'appel pour dire que cette procédure a bel et bien été confiée à Me Moussa Sogodogo depuis 2013. Cette nouvelle lettre, B. Adama Ouédraogo s'en est également procuré une copie qu'il nous a brandie comme preuve. Mieux, ce qui intrigue notre interlocuteur, c'est qu'ils ont fait un acte de vente daté du 15 janvier 2013 entre eux et un contrat de bail signé entre eux et qui n'a jamais été enregistré aux impôts. Cette information, il la tient de la Direction générale des impôts qui lui a fait parvenir une correspondance. Un document qu'il brandit à qui veut en avoir la preuve. « Deux individus peuvent signer une vente entre eux, faire un contrat de bail entre eux et aller voir la justice pour nuire. C'est dans quel pays qu'on peut faire cela ? », s'est-il indigné.

Pour lui, cette expulsion est une manière de l'humilier. « 25 gendarmes pour m'expulser comme si j'avais volé. Ils m'ont humilié comme il le faut. On m'a expulsé pour que Rakieta entre dans cette gare, mais depuis cinq mois bientôt, il n'y a jamais mis les pieds. C'est OTAM qui a mis des vigiles pour occuper les lieux. J'ai 15 000 litres de carburant et ils m'empêchent de l'utiliser », s'est-il plaint avant de pousser un soupir.

Celui qui demande justice aujourd'hui appelle le président de la République à trouver une solution et au procureur de prendre ses responsabilités. « Personne n'a le droit de me priver de mes droits pendant plus de quatre mois. Qu'il me rétablisse dans mes droits ! Que la justice me dise à qui appartient ce terrain. Je demande au REN-LAC de se saisir du dossier pour trouver la vérité pour que chacun réponde de ses actes », a-t-il plaidé.

Plus de: L'Observateur Paalga

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