Afrique: Allocution du Directeur général de l'OMS à la conférence de presse donnée à l'issue de la Conférence de l'International AIDS Society

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Cher Anton, chère Winnie, chers invités, chers collègues et amis,

Bonjour, bon après-midi ou bonsoir.

Comme ce fut le cas pour l'infection à VIH pendant les premières années, la pandémie de COVID-19 a, à bien des égards, des conséquences sur notre vie.

On recense désormais plus de 11,3 millions de cas de COVID-19, dont 531 000 mortels, dans le monde.

Mais ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Comme le VIH, le virus de la COVID-19 a des répercussions politiques, économiques, culturelles et sociales.

Et l'OMS est profondément préoccupée par les conséquences de la COVID-19 sur la lutte contre le VIH dans le monde.

Une nouvelle enquête de l'OMS a montré que la pandémie a considérablement réduit l'accès aux médicaments contre l'infection à VIH.

73 pays ont indiqué qu'ils risquaient de connaître des ruptures de stocks de médicaments antirétroviraux (ARV).

Pour atténuer l'impact de la pandémie sur l'accès aux traitements, l'OMS a recommandé, dans tous les pays, la prescription d'ARV pour de plus longues périodes, allant jusqu'à six mois, et le renforcement de la chaîne d'approvisionnement pour tous les médicaments.

En outre, les pénuries de préservatifs et de médicaments utilisés pour la prophylaxie préexposition (PPrE) afin de prévenir la transmission du VIH ont conduit l'OMS à encourager les pays à faire tout ce qu'ils pouvaient pour garantir, en toute sécurité, les services de prévention, de diagnostic et de traitement à tous ceux qui vivent avec le VIH ou qui sont autrement touchés.

Ces perturbations soulignent que les systèmes de santé doivent être solides et flexibles pour pouvoir faire face aux flambées tout en assurant la prestation de services de santé essentiels, comme ceux concernant l'infection à VIH.

Les perturbations de l'accès aux produits et services vitaux surviennent à un moment critique, alors que la riposte mondiale au VIH ne progresse plus.

En 2018 et en 2019, le nombre de nouvelles infections à VIH s'est stabilisé à 1,7 million par an et il n'y a eu qu'une légère baisse du nombre de décès liés au sida.

Malgré les progrès constants réalisés dans l'augmentation de la couverture par les traitements de l'infection à VIH, dont bénéficient maintenant plus de 25 millions de personnes, les cibles « 90-90-90 » fixées pour 2020 ne seront pas atteintes.

Les progrès sont au point mort parce que les groupes qui en ont le plus besoin ne bénéficient pas des services de prévention et de dépistage de l'infection à VIH.

Il faudra absolument mieux cibler les interventions et les services de prévention et de dépistage qui ont fait leurs preuves - y compris la PPrE et l'auto-dépistage du VIH - pour relancer la lutte à l'échelle mondiale.

Il est possible de faire baisser plus vite le nombre de décès liés au sida en intensifiant les efforts de lutte contre les comorbidités et les infections opportunistes, dont la tuberculose, l'hépatite et les nouvelles menaces comme la COVID-19.

En 2019, 62 % des nouvelles infections à VIH dans le monde concernaient les populations clés ou leurs partenaires.

Les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes, les travailleurs du sexe, les personnes transgenres, les consommateurs de drogues injectables et les prisonniers sont particulièrement vulnérables au VIH et n'ont souvent pas suffisamment accès aux services appropriés.

L'absence de formulations pédiatriques appropriées pour les médicaments optimaux contre le VIH est depuis longtemps un obstacle qui empêche d'obtenir de meilleurs résultats pour la santé des enfants vivant avec le VIH et qui contribue à une faible couverture par les traitements.

L'accès des groupes vulnérables aux services doit être élargi en renforçant la participation communautaire accru, en améliorant la prestation des services et en luttant contre la stigmatisation et la discrimination.

En définitive, il ne sera possible de mettre fin à l'épidémie d'infections à VIH dans le monde qu'en agissant de manière coordonnée pour que les cibles mondiales des objectifs de développement durable relatives au VIH et à la couverture sanitaire universelle soient atteintes.

Bien que la lutte contre le COVID-19 soit une priorité mondiale, nous ne devons pas tourner le dos aux 38 millions de personnes qui vivent avec le VIH et aux millions d'autres qui risquent de contracter l'infection.

Le moment est venu de redoubler d'efforts et de renforcer l'unité nationale et la solidarité mondiale pour s'attaquer à la fois à la pandémie COVID-19 et aux maladies comme l'infection à VIH.

Merci encore, Anton.

Je vous remercie.

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