Sénégal: A Kaffrine, tailleurs et acteurs du transfert d'argent impactés par la Covid-19

Kaffrine — La baisse de l'activité économique engendrée par la Covid-19 n'a pas épargné tailleurs et gérants des services de transfert d'argent de la ville de Kaffrine (centre), où les affaires sont au ralenti.

Bon nombre d'entre eux confient à l'APS que la maladie à coronavirus a plombé leurs activités.

Au marché central de Kaffrine, comme ailleurs dans le reste de la ville, la crise économique par la Covid-19 s'est traduite pour eux par un important manque à gagner.

"D'habitude, à l'approche de la Tabaski, nos affaires marchaient très bien. Mais cette année, avec le coronavirus, la clientèle s'est beaucoup réduite et notre chiffre d'affaires a beaucoup chuté", déplore le vice-président de l'Association des tailleurs de Kaffrine, Alioune Ségnane.

"Si j'avais 30 clients l'année dernière à la même période, explique-t-il, cette année, je n'en ai même pas la moitié. La Covid-19 a tout bouleversé."

Cette année, dit M. Ségnane, les commandes sont si faibles que les tailleurs peuvent se permettre d'en prendre d'autres encore, "ce qu'ils n'osaient pas faire l'année dernière". "Tout est actuellement au ralenti", constate-t-il.

"Nous avons tellement ressenti l'impact de la pandémie. Cette année, rien ne marche. Je n'ai même pas vu le tiers de mes clients. Cette fête sera célébrée difficilement et sans un sou. L'année dernière, à pareil moment, j'avais déjà gagné au moins 500.000 francs CFA. Cette année, à la même période, je n'ai même pas 50.000 francs en poche. C'est difficile", se désole Pape Cissé, un tailleur de 25 ans.

Pour Amath Cissé, un tailleur de 68 ans, cette année, la Tabaski est tout simplement éclipsée par la Covid-19.

"Nous allons fêter la Tabaski cette année dans un déséquilibre économique total. Tout est au ralenti. A cause de la Covid-19, la clientèle se fait rare. D'habitude, je confectionnais des tissus pour les vendre dans les marchés hebdomadaires, et je revenais avec au moins 500.000 francs CFA. Mais, cette année, je ne peux même pas gagner 50.000 francs", déplore le vieux tailleur.

Selon lui, à cause de la pandémie de Covid-19, le nombre de clients et les chiffres d'affaires "ont fortement baissé". Face à cette situation, M. Cissé implore Allah d'éradiquer cette maladie.

L'heure n'est pas non plus aux bonnes affaires chez les gérants des services de transfert d'argent. Eux aussi se plaignent de la morosité causée par la pandémie.

L'un d'eux, Alassane Nguirane, affirme que la maladie à coronavirus a considérablement fait baisser son chiffre d'affaires, surtout en cette période de Tabaski, le sacrifice du mouton prévu vendredi prochain.

"Cette année, tout est bouleversé. En tant que gérant d'un guichet de transfert d'argent, je constate la rareté des clients. D'habitude, à quinze jours de la Tabaski, on sentait l'arrivée d'une telle fête. Aujourd'hui, les clients se font désirer. Et le peu de clients qui viennent ne sont là que pour des retraits d'argent", se désole M. Nguirane. Aussi souhaite-t-il une subvention de l'Etat pour relancer ses affaires.

"Cette maladie a considérablement réduit notre chiffre d'affaires", se lamente Diadia Camara, gérant d'une boutique de transfert d'argent.

"Pour l'instant, rien ne marche. Les clients viennent peu, et parfois on n'a même pas d'argent pour satisfaire une si petite clientèle. La Covid-19 a tout chamboulé", se désole-t-il.

Selon Fatou Ndao, gérante d'un kiosque de transfert d'argent, la Covid-19 affecte tous les acteurs de ce secteur, y compris la société avec laquelle travaille son service, dont il reçoit désormais de l'argent avec retard, ce qui entraîne le ralentissement de ses activités.

"La maladie à coronavirus va gâcher la fête de la Tabaski. Les gens n'ont pas d'argent. A la même période de cette année, on travaillait sans cesse. Mais actuellement on peut rester des heures sans faire de transaction. Tout est au ralenti", fait-t-elle remarquer.

Plus de: APS

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.