Sénégal: Confederation africaine d'athletisme - Lamine Faty ouvre les pistes

27 Juillet 2020

L'athlétisme africain était ce samedi 25 juillet au centre des échanges sur le forum de l'Association nationale de la Presse Sportive. Une occasion que le Sénégalais Lamine Faty, directeur Général de la Confédération Africaine d'athlétisme (CAA) a saisi pour déclinera les grandes orientations de l'instance continentale impactée par la pandémie de la Covid-19.

Mais aussi de revenir sur d'autres questions sur les mesures d'accompagnement prévues pour la première discipline olympique, les échéances qui se profilent. Sans occulter la position de l'instance africaine sur cette question comme le phénomène de la fuite des talents ou encore sur la carte des infrastructures en Afrique.

Impactée comme toutes les autres Fédérations continentales, la Confédération africaine d'athlétisme (CAA) n'a eu d'autres choix que de reporter ses événements à 2021 à cause de la pandémie de la Covid-19 qui a tout mis l'arrêt. Après les championnats d'Afrique d'athlétisme d'Algérie (24- 28 juin) et de cross-country (7- 8 mars), l'instance continentale a été tenue de reporter aussi sa prochaine Assemblée générale. "Nous ne l'avons pas pris de manière unilatérale. Nous avons consulté les pays hôtes.

Selon nos statuts, nous devons organiser une AG tous les deux ans et le congrès électif tous les quatre ans. Nous avons reporté à l'année prochaine en mi-février et mi-mars de 2021, le cross-country car, les championnats du monde sont prévus l'année prochaine. Ce qui permettra aux athlètes de peaufiner leur stratégie pour une bonne participation. L'Algérie est dans une période électorale nous avons décidé de reporter les championnats d'Afrique d'athlétisme au mois de mai", explique Lamine Faty, le directeur général de la confédération africaine. Ce poste de directeur général a supplanté celui du secrétaire général suite à la nouvelle configuration issue de l'Assemblée générale de la CAA en 2017 suivant une recommandation de l'instance mondiale. Ce qui, selon Lamine Faty, avait impliqué plus de responsabilité au plan marketing, financier et technique en plus de certains aspects administratifs et protocolaires.

"LES ATHLETES ONT BESOIN D'UN NOUVEAU REGIME POUR S'ASSURER DE LEUR FORME"

Il précise que l'Algérie et le Togo, pays hôtes des championnats conservent toujours l'intérêt d'organiser leurs joutes. Le directeur de la CAA ajoutera que pour les JO de Tokyo 2021, l'instance continentale (World Athletics) plaide pour la révision des périodes de qualification fixées du 1er décembre au 29 juin 2021 et 31 décembre pour certaines disciplines. "C'était une nécessité car nous sortons d'une longue période d'inactivité. Il y a eu beaucoup de risques et les athlètes ont besoin d'un nouveau régime pour s'assurer de leur forme et d'aborder les prochaines échéances dans la sérénité", souligne-t-il. Avant de revenir surl es championnats d'Afrique qui se sont déroulés à Asaba (Nigeria) en 2018. Il rappelle que les autorités nigérianes avaient certes mis la barre des récompenses très haute pour attirer les stars africaines à Asaba. Mais il relèvera des impairs et notamment sur le paiement des primes. "Asaba avait mis la barre très haute avec les récompenses. Elles ne sont pas payées parce que le système de paiement des primes reconnu n'est pas mise en œuvre. Jusqu'ici ces primes ne sont pas encore payés aux athlètes", renseigne-t-il. Quid des JO de Tokyo qui ont été repoussés en 2021 ? Ne sont-ils pas menacés quand on sait que la pandémie n'est pas encore maîtrisée surtout au Japon où les cas se multiplient et que les populations japonaises dans une enquête du journal le Monde ont même souhaité de ne plus vouloir de ces jeux? "Notre vœu est que la pandémie soit éradiquée dans le monde. Pour les JO de Tokyo, nous surveillons l'actualité. Il faut continuer à espérer et s'adosser à ce désir de guérir le monde entier. Les puissances sont en train d'accélérer le processus pour un nouveau vaccin", répond Lamine Faty. Interpellé sur l'accompagnement attendu pour l'athlétisme africain dans le contexte de pandémie de Covid 19, Lamine Faty annonce la mise en place d'un fonds de soutien.

"UN FONDS DE SOUTIEN MIS EN PLACE"

"La CAA a une quote-part sur les revenus financiers de l'association internationale, aujourd'hui World Athletics. Nous le partageons avec les autres continents. Dans la réflexion, World Athletics a décidé de mettre en place un fonds de soutien de l'athlétisme. Nous avons été conviés par l'Anion africaine à des rencontres en visioconférence pour réfléchir sur les stratégies à adopter face à une telle maladie. Nous avons proposé la mise en place d'un fonds de soutien pas seulement à l'athlétisme mais pour tout le sport. Nous avons sélectionné pas mal d'athlètes. Les modalités de répartition son en cours", confie-t-il. Pour l'accompagnement sportif, la CAA entend en même temps de promouvoir l'organisation de grandes compétitions. "Dans l'accompagnement, c'est aussi de faire des compétitions de haut niveau, donner plus de compétitions à nos athlètes. Sur ce plan, nous avons Africa tour, un circuit très compétitif que nous avons lancé depuis 2018. Cette année était expérimentale mais la pandémie intervenue. En 2021, nous allons relancer ce circuit qui permet de peaufiner la forme des athlètes avant les JO. L'Africa Tour dans sa forme actuelle, est ouvert aux autres athlètes des autres continents. C'est la possibilité à tous les athlètes primés de participer. Comme cela se fait avec le Diamond League. Cela peut motiver davantage. Les locaux ont l'occasion de rivaliser avec les mieux classés dans le top mondial".

"L'ATHLETISME VITMAL CETTE PANDEMIE"

Pour sauver la discipline face à la Covid, le directeur général de la CAA dit miser sur le maintien des échanges. "L'athlétisme vit mal cette pandémie mais nous ne le prendrons pas comme une fatalité. Ce que nous avons fait c'est d'entretenir la relation et les échanges sur les stratégies à adopter. Nous organisons des rencontres virtuelles. Les webinaires sont très appréciés. A partir de 2021, il faudra faire en sorte que les compétitions, les championnats nationaux reportés puissent se tenir et renforcer nos programmes de compétitions. La confédération est subdivisée en 5 régions qui organisent des championnats régionaux", informe-t-il.

UN PROGRAMME STRATEGIQUE 2019- 2025 EN COURS

En terme de stratégie, le directeur de l'instance africaine fait mention d'un programme stratégique étalé entre 2019- 2025. "Nous avons toujours un programme stratégique. Le dernier était celui de 2019- 2025 adossé à celui de World Athletics pour son exécution. Il repose surla mission d'assurer le développement des talents de la base à l'excellence et d'organiser des compétitions de haut niveau. Il s'agit aussi d'autonomiser les personnes qui gèrent les aspects administratifs, techniques pour un développement sensible de l'athlétisme en Afrique. Ce plan est décliné avec des objectifs dans des domaines précis. Les principaux domaines c'est surtout la participation, le développement de l'athlète, le renforcement des capacités et le partenariat", relève t-il.

"EXPLOITER TOUTES LES POTENTIALITES"

"Nous pensons exploiter toutes les potentialités. Il faut amener les jeunes qui ont tendance à aller vers d'autres disciplines, à s'intéresser à l'athlétisme. Il y a un programme développé par l'IAAF qui est le kid's Athletic. Il a fini de faire ses preuves dans le monde. C'est un outil très performant qui peut apporter de la valeur ajoutée à l'athlétisme à travers sa composante jeune.

FUITE DES TALENTS: "LA MOTIVATION EST PRINCIPALEMENT FINANCIERE ET SPORTIVE"

Interrogé sur le phénomène de la fuite des talents africains, il explique : "la fuite des talents a été un handicap dans le développement de l'athlétisme. La CAA observe avec beaucoup de tristesse ses athlètes se confronter à leurs frères et sœurs du continent dans les compétitions mondiales. Il ne faut pas rejeter la responsabilité sur l'autre. Qu'est-ce que nous avons fait en Afrique pour retenir nos athlètes ? Quelle perspective devrai ton les offrir pour qu'ils ne soient pas tenter de changer de camp ? Dans l'analyse, nous nous sommes rendus compte que la motivation est principalement financière et sportive comme dans des pays comme le Kenya. On a le cas d'athlètes qui disent que nous n'avons aucune chance de participer à des Mondiaux ou aux JO. Devant cette inquiétude, ils n'ont pas hésité à changer de nationalité pour bénéficier de cette opportunité", note -t-il. Le responsable de la CAA pense qu'il faudrait offrir aux athlètes du continent de meilleures conditions et de doter les fédérations des moyens conséquents pour conduire leurs missions. "Il y a des problèmes d'accessibilité aux infrastructures dans certains pays. Pour freiner ce problème, nous avons mis en place une période d'attente de quatre ans pour changer de camp. L'entente directe entre deux fédérations pour le changement de camp est annulée. Nous avons assuré à ce que le pays qui reçoit, puisse accorder aux athlètes la nationalité et les mêmes droits que les nationaux. Il faut dire qu'il est impossible de retenir les gens contre leur volonté et à l'épanouissement de leur droit naturel. Mais il faut mettre les conditions pour freiner ou atténuer le phénomène" a-t-il déclaré.

"LE PROBLEME DES INFRASTRUCTURES EST TRES SERIEUX EN AFRIQUE"

Lamine Faty n'a pas manqué de faire le point sur la carte des infrastructures en Afrique et particulièrement des pistes d'athlétisme. "Le problème des infrastructures est quelque chose de très sérieux en Afrique. Nous avons 54 Fédérations qui ont toutes de bonnes intentions de développement l'athlétisme mais elles n'ont pas pour autant de pistes. Si elles l'ont, ce n'est pas des pistes certifiées. Nous avons dénombré 132 dans le monde. En Afrique, il y a eu 71 centres dans 22 pays. La politique du président Lamine Diack à l'époque était de doter chaque pays d'une piste. Il a beaucoup fait dans ce domaine. Nos gouvernements ont aussi fait des efforts. Dans 22 pays, 18 seulement sont de classe une, 53 du classe 2. Nous devons trouver une autre explication. C'est le boom démographique, il oblige les politiques et les stratégies à vouloir mettre en valeur plus d'espace au détriment des activités sportives. On peut trouver le stricte équilibre", indique-t-il.

LE CENTRE DEVELOPPEMENT DE L'ATHLETISME AFRICAIN EST PLUS OPERATIONNEL POUR LA FORMATION

Lamine Faty a par ailleurs indiqué que le jumelage de CIAD et du CRD pour devenir un seul centre Développement de l'Athlétisme Africain (AADC), géré depuis deux ans, par El Hadji Amadou Dia Bâ, participe à une volonté de rendre plus opérationnel la formation. "Le CIAD et les CRD existaient et étaient totalement gérés et contrôlés par l'IAAF. C'était des centres spécialisés en entrainement et en formation. L'IAAF après diagnostic et audit est arrivé à des recommandations. Il était question de les fermer. Mais, la CAA a dit non et a pris la décision de les maintenir en changeant de paradigme et de stratégie.Nous l'avons confié à El hadji Amadou Dia Ba qui a un profil indiscutable pour mener cette mission. Nous avons maintenant un centre très opérationnel avec des résultats probants. Nous avons mis en place des unités et des nationaux peuvent participer".

Plus de: Sud Quotidien

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