Guinée Bissau: Une radio saccagée par des individus armés

communiqué de presse

La radio bissao-guinéenne Capital-FM a été réduite au silence à la suite d'une attaque d'individus armés non identifiés. Reporters sans frontières (RSF) condamne cet assaut et appelle à une enquête pour retrouver et punir les auteurs.

Capital-FM, une radio très critique du gouvernement et très écoutée en Guinée-Bissau, n'émet plus depuis la nuit du 25 au 26 juillet : une bonne partie de ses équipements a été saccagée par des individus armés non identifiés qui ont fait irruption dans ses locaux, à Bissau.

"Les assaillants, des individus armés, ont détruit l'émetteur, saccagé le studio principal et tout le matériel qui s'y trouvait", raconte le directeur adjoint de Capital-FM, Sabino Santos, interrogé par RSF. "La radio n'est plus en mesure d'émettre. Nous avons porté plainte contre X à la police judiciaire de Bissau", a-t-il ajouté.

"Nous condamnons avec force cette attaque qui vise à réduire au silence des journalistes qui ne font que leur métier, déclare Assane Diagne, directeur du bureau Afrique de l'Ouest de RSF. Nous demandons qu'une enquête soit menée pour identifier et punir les auteurs de cet acte, qui constitue une grave entrave à la liberté de la presse."

Capital-FM était particulièrement écoutée entre 8 et 10 heures, lorsqu'elle diffusait une émission interactive permettant aux auditeurs de donner leur avis sur la situation politique du pays. Mais elle était aussi accusée, par une partie de la population, de prendre fait et cause pour le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, opposition) et pour son leader Domingos Simoes Pereira, candidat malheureux à l'élection présidentielle de novembre 2019.

Ce n'est pas la première fois qu'une radio est attaquée pour sa proximité avec l'opposition. Les antennes de Bafata et de Gabu de la radio Africa FM avaient été fermées par l'ex-gouvernement d'Aristides Gomes en avril 2019, à quelques mois seulement du scrutin présidentiel.

La Guinée-Bissau occupe actuellement la 94e position sur 180 pays dans l'édition 2020 du Classement mondial de la liberté de la presse établi chaque année par RSF.

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