Burkina Faso: Investitures de candidats à la présidentielle de 2020 - Un combat de titans en perspective

Roch Marc Christian Kaboré entouré de son équipe
27 Juillet 2020

Quelques jours après que le parti au pouvoir a officiellement autorisé Roch Marc Christian Kaboré à rempiler pour un second mandat, on a assisté, le week-end dernier, à deux autres cérémonies d'investiture démonstratives de force, au Palais des Sports de Ouaga 2000.

Il s'agit de celle de Zéphirin Diabré de l'Union pour le progrès et le changement (UPC) qui a fait... palais comble, le 25 juillet, suivie de celle de Eddie Komboïgo du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le lendemain, dans une ambiance de carnaval et dans la même enceinte sportive pleine comme un œuf.

On peut donc dire que les trois poids lourds de l'échiquier politique national, sont désormais en ordre de bataille pour la conquête du graal, en attendant que ceux que certains considèrent comme étant des partis de moindre envergure, mettent leurs outsiders sur orbite.

C'est déjà chose faite pour l'une des dernières-nées des formations politiques, Le Mouvement Soleil d'Avenir qui a remis le bâton de conquérant à son chef, Professeur Abdoulaye Soma depuis le 5 mai 2019, et qui a cru devoir faire mieux que les autres en organisant une cérémonie inédite de prestation de serment de son candidat devant les doyens du parti, dimanche dernier à Bobo-Dioulasso.

D'autres sortiront du bois dans les jours à venir pour compléter la liste des candidats à cette présidentielle qui aura certainement du piquant au regard de la notoriété et du poids politique de certains compétiteurs.

Si le parti au pouvoir peut compter sur le soutien d'un conglomérat de 70 formations politiques pour rêver d'une victoire par K.-O. et dès le premier tour, il ne faudrait pas qu'il oublie que cette fois-ci, il y aura véritablement du lourd dans l'autre plateau de la balance avec en plus de l'UPC, le CDP qui sera de la partie après en avoir été exclu en 2015.

Il n'est pas sûr que le principe du désistement au profit du qualifié pour un éventuel second tour, résiste aux calculs politiciens des uns et des autres

L'UPC qui a manqué le coche lors de la dernière élection, et qui a entre-temps été fragilisée par la dissidence de certains de ses cadres et non des moindres, peut se réjouir d'avoir pu éviter le « plan machiavélique de liquidation du parti » ourdi par des « fossoyeurs encagoulés ».

Quant au CDP, qui a toujours et quoi qu'on dise, un ancrage sur le territoire national, il est miné de l'intérieur depuis un certain temps par une guerre d'ego surdimensionnés, toutes choses qui pourraient nuire aux intérêts du parti et profiter aux barons du MPP qui observent tout cela de très près et avec un sourire en coin.

Mais « rira bien qui rira le dernier » si l'on en croit les propos triomphalistes de Zéphirin Diabré et matamoresques de Eddie Komboïgo, tenus au pupitre installé pour la circonstance au Palais des Sports, lors de leurs investitures respectives.

Ils fondent leurs espoirs de sortir le sortant sur le bilan de ce dernier qu'ils qualifient de désastreux sur tous les plans, et aussi, espèrent-ils, sur l'éveil des consciences des Burkinabè qui peuvent désormais faire la différence entre le bon grain et l'ivraie, parmi nos hommes politiques.

Dans un pays où l'Est est en feu et le Nord en cendres, où la corruption et le clientélisme résistent toujours au temps, le diagnostic sans concession qu'elle fait de l'état de santé économique, social et sécuritaire de notre pays, et les thérapies de choc qu'elle propose, pourraient permettre à l'opposition de faire mouche auprès de l'électorat et de damer le pion à Roch Marc Christian Kaboré, malgré la prime au sortant dont ce dernier bénéficiera naturellement.

Seulement voilà, cette opposition ira au prochain scrutin encore en rangs dispersés, et en dépit des flonflons que ses leaders débitent sur leurs intentions communes de déboulonner le MPP, il n'est pas sûr que le principe du désistement au profit du qualifié pour un éventuel second tour, soit définitivement acquis et résiste aux calculs politiciens des uns et des autres.

C'est justement pour toutes ces raisons qu'on ne peut pas, à l'heure actuelle, parier un sou sur l'issue du combat de titans prévu pour le 22 novembre 2020, car des alliances vont se faire et se défaire à un rythme effréné et souvent pour des raisons d'intérêts personnels, au fur et à mesure qu'on approchera de la date fatidique.

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