Cameroun: Sénateur Célestin Ketchanga « Nous avons voté un important budget pour la lutte contre le Covid-19 »

28 Juillet 2020
interview

Le 23 juillet 2020, à travers son compte Twitter, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, fait le point du Covid-19 au Cameroun. D'après ses statistiques, le pays enregistre : 16 708 cas confirmés, 14 539 guéris, 385 décès, 1784 cas actifs, 409 hospitalisés dont 30 sous oxygène et 145 000 tests effectués.

Face à ces chiffres, Camer.be rencontre le sénateur Célestin Ketchanga qui lui aussi, fait ses comptes après deux mois d'activités de remise des denrées alimentaires et des kits de protection contre la pandémie du Coronavirus. Les responsables de la Fondation Ketchanga déclarent avoir déjà injecté prés de 100 millions dans la lutte contre la maladie.

Monsieur le sénateur, qu'est ce qui vous a motivé à assister les Camerounais dans la lutte contre le Covid-19 ?

Dans son discours à la Nation le 20 mai dernier, le président de la République, chef de l'Etat du Cameroun, Paul Biya, a demandé une union sacrée à l'effet de vaincre la pandémie. A travers la Fondation Ketchanga, nous avons travaillé sur le projet d'assistance des populations du Cameroun dans ce contexte de crise sanitaire. Cette crise sanitaire ayant induit la crise économique, avec une conséquence d'un faible pouvoir d'achat. Il nous fallait identifier ce que notre modeste contribution devrait apporter dans cet appel du chef de l'Etat.

Nous avons voté un important budget pour la lutte contre le Covid-19. Ce qui nous a permis d'acquérir des denrées alimentaires et des kits de protection contre la maladie. Notre zone d'intervention couvrait les départements du Ndé, dans la région de l'Ouest et du Wouri dans la région du Littoral. Nous avons précisément soutenu les populations de masse, les centres de santé, les orphelinats, les établissements scolaires, les groupes organisés entre autres.

Pourquoi les départements du Ndé et du Littoral pourtant d'autres départements tels le Noun, le Mfoundi entre autres, ont été déclarés tels les plus exposés ?

Je tiens d'abord à vous rappeler que les actions sociales occupent toute ou partie de ma vie. J'ai toujours partagé ce dont je dispose avec mes proches. J'ai cultivé cette habitude au sein de ma famille. Ainsi, je l'ai toujours fait aux enfants du Cameroun sans discrimination. Il se trouve que je suis originaire du département du Ndé, plus précisément de l'arrondissement de Bangangté et du village Banékané. Mes ancêtres ont le droit d'entendre ma voix chaque fois que nécessité s'impose.

Le département du Wouri est ma terre d'accueil. Les rois Sawa sont mes pères et le peuple, mes frères et sœurs. Je me dois de leur retourner l'ascenseur pour la marque d'hospitalité sans cesse exprimée à mon endroit. Concernant les autres départements que vous avez cités, comme potentiels foyers de contamination, il ne faut pas perdre de vue l'interconnexion entre les populations du Cameroun. Des Camerounais sont très mobiles à l'intérieur du pays et ce pour plusieurs raisons. Le virus peut donc provenir de diverses sources. Notre projet consistait à réduire la propagation de la pandémie. Et comme pour tout projet communautaire, l'exigence de délimitation de la zone d'intervention est cruciale.

Le rapport du ministre fait état de ce que 2,3 % par rapport au nombre de cas contaminés de Camerounais sont morts de Covid-19. C'est de quoi pour la Fondation Ketchanga d'arrêter ses activités en rapport avec la lutte contre cette maladie ?

Nous pouvons nous réjouir de ce que le Cameroun n'ait pas enregistré jusqu'ici, un grand nombre de décès de Covid-19 par rapport aux pays occidentaux où les morts se comptent en termes de millions. Mais force est de constater que d'après des responsables de santé, nous avons perdu des personnalités dans cette pandémie. Je peux citer le cas de mon collègue sénateur Samuel Wembé, le médecin Dr Georges Niat, le musicien Manu Dibango et bien d'autres. Nous saisissons cette occasion pour souhaiter nos condoléances aux différentes familles éplorées. Le message du ministre de la Santé publique, n'est pas d'abandonner les mesures barrières édictées par l'Organisation mondiale de la Santé, mises en application au Cameroun par le gouvernement de la République.

Notre message greffé au sien, est davantage de recommander aux Camerounais d'être prudents : observer les mesures de distanciation sociale, toujours de laver les mains avec du savon et de l'eau courante, ou utiliser une solution hydro alcoolique, ne jamais être en public sans son cache-nez. Bien entendu que la Fondation Ketchanga reste engagée dans son volet santé publique et avant-gardiste dans l'éducation des enfants du Cameroun. Nous continuerons à agir en faveur des populations. Il est possible qu'en cas de besoin, nous intervenions dans d'autres localités de notre pays.

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