Afrique: La Nigériane Rachael Ayegba, une pionnière chez les gardiennes de but

interview

Rachael Aladi Ayegba s'est fait un nom en Europe lorsqu'elle a remporté en Finlande le titre de la Naisten Liiga avec PK-35 Vantaa en 2013, faisant d'elle la première gardienne de but africaine à profiter d'une telle percée à l'étranger.

Au cours de ses 11 années d'activité en Finlande, elle a évolué à Kokkolan Palloveikot, Kuopion Palloseura, GBK Kokkola et notamment à PK-35 Vantaa où elle a remporté quelques titres nationaux et a également participé à deux reprises à la Ligue des Champions féminine de l'UEFA.

Au niveau international, elle a fait ses débuts contre la Namibie en 2001 et a été membre de l'équipe des Super Falcons lors des éditions 2006 et 2008 de la Coupe d'Afrique des Nations Féminine 2006 et 2008 (alors Championnat d'Afrique de Football Féminin), ainsi qu'à la Coupe du Monde Féminine 2007 en Chine et aux Jeux africains en Algérie la même année.

Retraitée en 2016, la surnommée "Baruwa" qui a joué pour les clubs nigérians Oladimeji Tigress et Ufouma Babes, FCT Queens of Abuja et Edo Queens avant de rejoindre la Finlande en 2005, s'est depuis aventurée dans l'entraînement. Elle a obtenu la licence UEFA A d'entraîneur de gardien de but, tout en servant pendant trois ans en tant que joueuse / entraîneure au sein de GBK.

Le Nigéria est fier de regorger de nombreuses gardiennes de but, notamment Precious Dede. Cependant la femme de 34 ans, réputée pour son attitude élancée et fougueuse ainsi que son sang-froid dans des face-à-face, était l'une des rares à avoir percé hors du continent et peut se targuer d'être une inspiration pour la prochaine génération.

Dans une interview exclusive avec CAFOnline.com, Ayegba parle de son parcours footballistique, du soutien de sa famille et de sa motivation à devenir entraîneure, entre autres.

CAFOnline.com : Comment votre aventure dans le football a-t-elle commencé?

Rachael Ayegba : J'ai commencé le football très jeune. La seule option que j'avais pour une activité récréative était de jouer au football avec mon père et mes frères tout en grandissant dans une communauté de l'État du Delta, au Nigeria, où mon père était également policier. Je m'intéressais également au volleyball et au handball et participais à des jeux mineurs qui faisaient partie du programme sportif scolaire. La plupart du temps, je devais jouer avec mes frères à la maison, ce qui rendait le football plus dominant.

Dans quelle mesure votre famille a-t-elle soutenu votre carrière?

Ma famille a été mon soutien de base durant ma carrière. Ils ont toujours été là pour moi, depuis le début et tout au long des obstacles et victoires que j'ai rencontrés. Ça été un honneur pour moi de concrétiser le souhait de mon père de jouer pour le Nigéria au plus haut niveau.

Comment êtes-vous entrée dans l'équipe nationale des Super Falcons?

J'ai participé à un tournoi de jeunes qui a eu lieu à Lagos. Je représentais L'Etat de Bauchi parce que n'ayant pas pu faire partie de l'équipe de l'État de Lagos et j'ai fini par devenir la meilleure gardienne de but de ce tournoi. Deux entraîneurs, à savoir Daniel Evumena et George Emenetie, m'ont invitée à rejoindre Ufuoma Babes qui était alors l'un des plus grands clubs du Nigeria de l'époque. Montrant des signes de progression rapide dans le jeu, j'ai rejoint Inneh-Queens (maintenant Edo Queens) de Benin City, où j'ai joué jusqu'à ce que je sois invitée au regroupement des Super Falcons pour la première fois en 2001. Je me rappelle que mon premier match était contre la Namibie lors d'un match amical disputé à Windhoek sous les commandes de l'entraîneur de l'époque, Peter Egudia.

Comment êtes-vous arrivée en Europe en tant que gardienne de but?

J'étais dans l'équipe nationale pour les Jeux africains de 2003 à Abuja; malheureusement, je me suis blessée au camp. Cependant, c'est à ce moment que j'ai rencontré mon agent de l'époque, qui m'a informée d'une offre d'un club en Finlande à la recherche d'une gardienne de but, et j'ai décidé de profiter de l'occasion pour explorer le terrain du football féminin en Europe. C'était une opportunité tellement inattendue pour moi, mais je l'ai saisie à deux mains et je suis heureuse de la façon dont les choses se sont déroulées.

Quels ont été les principaux défis en développant votre passion du football?

En tant que jeune fille, quitter ma famille pour rejoindre un club de football était émotionnellement difficile, mais avec le soutien de ma famille, j'ai pu surmonter cet obstacle. Une blessure à la cheville subie lors d'un stage en équipe nationale a été un autre challenge majeur. Cela m'a fait reculer et j'ai dû suivre un traitement suivi d'une récupération pendant plus de six mois. Un défi mineur auquel j'ai été également confrontée au début de mon expérience en Europe était le changement de climat, la différence culturelle et la langue. Avec l'aide de mon club, j'ai pu apprendre et m'intégrer à mon nouvel environnement.

Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans le coaching après votre retraite?

Au cours des dernières étapes de ma carrière en club, j'ai réalisé que j'avais une grande passion pour le coaching et le partage d'expériences et d'idées avec les jeunes. J'ai commencé par acquérir les licences requises UEFA B et d'entraîneur de gardien de but UEFA A, et à être simultanément entraîneure principale et joueuse de GBK en Finlande. Une expérience au cours de laquelle j'ai beaucoup appris sur diverses questions liées au coaching et à la gestion des relations avec la direction du club et le public. .

En tant qu'entraineure certifiée, quelles sont vos aspirations dans votre nouveau parcours?

Le football féminin a beaucoup évolué avec l'introduction de nouvelles idées, compétences, tactiques et technologies dans le jeu. La façon dont le jeu est perçu et joué dans le monde a beaucoup changé par rapport aux premiers jours de ma carrière. En tant que personne optimiste et ouverte d'esprit, je ne dirais pas non à une opportunité qui pourrait se présenter à moi à tout moment dans le futur. Cependant, sur la base de mon expérience et de mon implication dans le jeu, de mes voyages à travers le monde, de ma passion pour le partage des connaissances avec les jeunes et pour redonner à la société, j'accepterais ce défi comme une opportunité. En ce qui concerne la différence que j'espère faire, je peux dire avec confiance que mon expérience internationale en tant que gardienne de but et entraîneure m'a beaucoup appris, et m'a permis de faire comprendre aux jeunes joueurs la façon dont le football a changé au cours des dernières décennies en termes de tactique et compétences techniques, d'analyse des situations, des adversaires, ainsi que de collecte et d'exploitation des données.

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