Congo-Kinshasa: Revendications des enseignants - Le contexte ne s'y prête pas

A quelques heures de la reprise des cours au niveau de l'Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), le Syndicat des enseignants du Congo, le plus représentatif du secteur, menace de déclencher les actions d'envergure en vue d'inciter le gouvernement central à accéder aux revendications sans cesse réitérées des enseignants sur toute l'étendue de la République.

Dans une déclaration faite le mardi 28 juillet 2020, après l'évaluation de la situation, le SYECO dit constater la violation flagrante du protocole d'accord signé entre le gouvernement et le banc syndical et, cela, dans sa forme et son contenu. Le SYECO note aussi la non-prise en compte de toutes les correspondances adressées au gouvernement.

Pour ce faire le Syndicat des enseignants du Congo plaide pour l'implication personnelle du chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi, dans cette affaire. Ce syndicat appelle à la mise sur pied d'une commission paritaire pour passer au peigne fin tous les contours de la question.

Le SYECO appelle aussi au non-décaissement des fonds de la Banque mondiale alloués aux salaires des enseignants avant toute négociation.

Signalons par ailleurs que cette déclaration du SYECO intervient dans un contexte où le pays s'apprête à relancer les activités scolaires suspendues depuis mars dernier pour raison de pandémie de Covid-19.

Le contexte est-il propice ?

C'est vrai que ces revendications sont antérieures à la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 et les enseignants sont en droit de réclamer des améliorations salariales, surtout que c'est souvent le seul langage que comprend l'Etat-employeur ; mais il y a aussi lieu d'être de vrais patriotes qui comprenaient les temps et les saisons. A moins de faire preuve de mauvaise foi.

Tout le monde est témoin des difficultés auxquelles fait face le gouvernement de la République pour honorer ses engagements régaliens, dans un contexte de crise multiforme aggravée par la pandémie de Covid-19.

Aujourd'hui, aligner des revendications salariales avant la reprise des cours pour les quelques jours qui restent à clôturer l'année scolaire, c'est faire preuve d'un manque de sens de responsabilité. Une chose est certaine, l'Etat n'a pas de moyens pour répondre à ces revendications, du reste, légitimes. A moins d'inscrire la question dans une perspective préventive pour que la question soit examinée le moment voulue, par exemple avant la prochaine rentrée scolaire.

Plus de: Le Potentiel

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