Mali: Une équipe ministérielle formée en prélude à un gouvernement d'union nationale

le Premier ministre malien Boubou Cissé

Bamako — Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a décidé lundi de constituer un gouvernement restreint de six membres autour du Premier ministre, Boubou Cissé, chargé de la mission de négocier la formation d'un gouvernement d'union nationale, au moment où le Conseil de sécurité des Nations Unies a appelé les parties maliennes à privilégier le dialogue pour sortir de la crise actuelle.

"Pour une mise en application des recommandations des chefs d'Etat de la Cédéao faites lors du sommet extraordinaire de ce lundi (...), le président de la république a décidé de former une équipe ministérielle restreinte dont la mission est de négocier avec les parties prenantes, et ce en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale à même de contribuer à l'apaisement de la situation", a déclaré la présidence malienne, indiquant que ce gouvernement "est constitué des ministères régaliens suivants : la Défense, la Justice, la Sécurité, l'Administration territoriale, les Affaires étrangères et l'Economie et les Finances".

"Les membres du Conseil de sécurité ont exhorté les parties maliennes à suivre ces recommandations sans délai afin de surmonter les tensions, de donner la priorité au dialogue et de s'abstenir de tout acte susceptible d'alimenter les tensions et de menacer l'Etat de droit", a indiqué un communiqué des Nations unies.

Le Conseil de sécurité a rappelé l"'importance de la mise en oeuvre de l'accord de paix et de la stabilisation du centre du pays", à l'issue d'une réunion à huis clos consacrée au Mali.

Le 10 juillet, une troisième manifestation de l'opposition, réunie au sein du Mouvement du "5 juin-rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP)", avait dégénéré en trois jours de troubles à Bamako, les pires dans la capitale depuis 2012, ayant fait onze morts, selon le Premier ministre malien, Boubou Cissé.

A l'issue de leur sommet par visioconférence, les 15 chefs d'Etat ouest-africains ont prévu un régime de sanctions "contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation", à mettre en oeuvre avant vendredi.

Le sommet a appuyé les recommandations de la médiation menée par la Cédéao sous l'égide de l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, qui n'ont jusqu'ici pas obtenu l'aval du mouvement du 5-juin (M5-RFP), qui réclame depuis le mois de juin la "démission" du chef de l'Etat malien Boubacar Keïta, a déclaré en conclusion des travaux le président en exercice de l'organisation régionale, le chef de l'Etat nigérien Mahamadou Issoufou.

La majorité du président Keïta devra "tout mettre en oeuvre pour obtenir cette démission qui ouvrira la voie à des élections partielles". En attendant, le parlement "pourra fonctionner avec les 116 députés restants", a dit M. Issoufou.

Le sommet préconise également une "recomposition rapide de la Cour constitutionnelle", dont les trois membres choisis par le Parlement seront désignés après la démission des 31 députés contestés. En cas de blocage, le président Keïta pourra nommer les 9 membres de la Cour, a-t-il ajouté.

Le président en exercice de la Cédéao a demandé à ses pairs d'Afrique de l'Ouest d'adopter des "solutions fortes pour une sortie de crise rapide au Mali". "Nous devons donc sortir de ce sommet extraordinaire avec des solutions durables et des décisions fortes, à même de garantir la stabilité du Mali et donc de la région", a-t-il déclaré dans son discours d'ouverture du sommet.

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