Burkina Faso: Présidentielle 2020 - Le palais des Sports, magnitude 10 sur l'échelle de la mobilisation ?

Par ces temps qui courent, la fréquence des pluies le disputent à une autre saison tout aussi d'abondance: les investitures en grande pompe des candidats à la présidentielle du 22 novembre prochain.

Le 11 juillet c'était, à tout seigneur tout honneur, l'actuel locataire de Kosyam, Roch Marc Christian Kaboré, qui a été adoubé par les siens dans la cuvette du palais des Sports.

Deux semaines après, c'est Zéphirin Diabré (samedi 25) et Eddie Komboïgo (dimanche 26) qui ont pris le relais, réquisitionnant ce même palais des Sports pour recevoir l'onction de leurs militants et sympathisants.

Pr Abdoulaye Soma pour sa part, faisant un rétropédalage de ce qui semble la dernière tendance, a préféré jeter son dévolu sur la ville de Sya pour accueillir favorablement les vœux de ceux qui estiment qu'il a un destin national.

Le porte-drapeau du mouvement «Le Soleil d'Avenir», comme pour mieux éblouir les autres candidats, a été investi et a même prêté serment.

Pour revenir du côté de la capitale, j'ai comme l'impression que l'infrastructure sise à Ouagadougou et construite par l'ancien ami Taïwan, reste pour ceux qui estiment être des poids lourds politiques, le baromètre pour mesurer l'échelle de la mobilisation.

Aucun candidat à la magistrature suprême, pour son investiture, n'a cependant jusque-là osé s'aventurer du côté du stade du 4-Août, cette bâtisse intimidante qui a humilié plus d'un organisateur de cérémonie, à l'exception du chanteur de reggae jamaïcain Jimmy Cliff, en 1984, pendant la Révolution.

Pas même Blaise Compaoré, qui s'était également contenté de ce même palais des Sports lors de la prononciation de son dernier «Oui» sans suspense en 2010.

Pour 2005, c'était le parti qui l'avait « choisi » lors d'un congrès qui se voulait ordinaire. Mais comme les jeux ne sont pas encore totalement faits et que les cartes sont loin d'être rebattues...

Je me réjouis déjà que des partis de l'opposition veuillent faire les choses en grand, à l'américaine, dit-on, à travers l'organisation de leurs jamborees politiques sur de vastes sites.

A l'image du Sénégal, ce sera peut-être bientôt fini, ce spectacle de partis politiques de l'opposition impécunieux qui n'avaient d'autre choix que d'organiser leurs meetings dans d'obscures salles de rencontres pour retraités. C'est dire que l'on met désormais les petits plats dans les grands et l'amateurisme n'est plus de mise.

Mais sait-on seulement que le congrès d'investiture de l'ex-parti au pouvoir a failli ne pas avoir lieu ? En tout cas pas le jour fixé.

En effet, le camp d'Eddie Komboïgo était suspendu à la décision que prendrait le juge des référés suite à la requête des plaignants Mahamadi Lamine Kouanda et huit autres de voir invalidée la candidature de l'homme d'affaires. Fort heureusement pour les organisateurs, la veille, ils ont été déboutés.

Une transition qui me permet d'aborder le récent clash entre Léonce Koné et Mélégué Maurice Traoré. La toile s'est en effet faite l'écho de cette réponse de Léonce Koné (il a démissionné du CDP en juin dernier pour manifester sa loyauté à l'endroit de la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo à la prochaine présidentielle) aux propos tenus par Mélégué (toujours dans le rang du CDP et soutien d'Eddie) sur la chaîne de télé BF1.

Cette tribune étant assez petite, que les lecteurs ne m'en veuillent pas de ne pas revenir en détail sur ces échanges, mais une constance se dégage des propos : ils sont peu courtois et n'honorent point les auteurs qui sont des seniors, ont longtemps cheminé ensemble au CDP et qui, plus est, viennent de la même province, la Léraba (Mélégué étant de Kankalaba et Léonce Koné de Tengrela.

Mais comme il est de notoriété publique qu'on n'est mieux haï que par les siens et qu'en politique tous les coups sont permis, il n'y a plus de raison de chercher à laver le linge sale dans une famille déjà éclatée.

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Plus de: L'Observateur Paalga

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