Mali: Un cabinet restreint avant le gouvernement d'union

28 Juillet 2020

Dans les rues de Bamako, les avis des citoyens sont partagés sur la composition de ce "mini-gouvernement", voulu par la Cédéao.

Dans ce gouvernement restreint, les titulaires des portefeuilles de l'Administration territoriale, de la Défense et des Affaires étrangères sont maintenus dans leurs postes.

Le Garde des sceaux sera désormais Kassoum Tapo qui remplace Malick Coulibaly qui avait mené de profondes réformes au sein de ce ministère.

Quant au général de division Mbemba Moussa Keita, il prend le portefeuille de la Sécurité. Cet ancien chef d'Etat-major des armées avait été limogé après le massacre d'Ogossagou (centre du Mali) en mars 2019 ayant occasionné la mort de 160 civils.

Le poste stratégique de l'Economie et des finances sera occupé par Abdoulaye Daffé, un proche du Cherif de Nioro (influent leader religieux proche de l'imam Dicko).

Le juriste malien, Labass Dicko, estime que "les personnes nommées dans ce mini gouvernement sont capables de relever les missions qui leur seront assignées." A l'en croire, "Maître Kassoum Tapo par exemple, (nouveau Garde des sceaux), a déjà un projet relatif à la révision de la Constitution malienne."

Encore loin d'une sortie de crise

Pour Moussa Doucouré, commerçant, on est loin d'une sortie de crise. "Ils ont nommé les ministres de la Défense, de la Sécurité, celui de l'Economie et des finances, des Affaires étrangères et de l'Administration territoriale. Le président IBK a choisi son premier ministre et ses ministres sans pour autant consulter l'autre camp, le M5-RFP", estime-t-il.

Au sein du M5-RFP, Souleymane Koné désapprouve la manière dont ce mini-gouvernement a été formé.

"Il s'agit d'un gouvernement semble-t-il qui ne concerne que les postes de souveraineté. C'est une blague, on s'amuse avec notre pays, on s'amuse avec le Mali. Et je ne sais pas pourquoi on le fait, parce que nous ne méritons pas cela. Si l'objectif est de former un gouvernement d'union nationale, d'accord, mais il y a un minimum. Ceux qui se battent, ceux qui parlent au nom du Mali aujourd'hui, ils ne sont pas là pour faire le bouche-trou. Nous n'avons pas besoin d'être consultés pour la simple et bonne raison que nous rejetons purement et simplement le concept même de gouvernement d'union nationale autour du président Ibrahim Boubacar Keita", clame-t-il.

Les contestataires du mouvement du 5 juin tiendront ce mercredi (29 juillet), une conférence de presse pour donner à leurs militants les directives à suivre après la fête de la Tabaski.

Plus de: DW

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