Libye: Le HCR condamne les exactions subies par des migrants

Le Haut-Commissariat aux réfugiés a publié, le 29 juillet, un nouveau rapport sur le calvaire des migrants qui tentent de rejoindre l'Europe.

Le document fait état des milliers de migrants qui meurent ou subissent des exactions au cours de leur périple à travers l'Afrique vers les côtes méditerranéennes, et dresse une liste de maltraitances : (morts violentes, abus sexuels, détentions arbitraires, trafic d'êtres humains...)

« Pendant ce voyage, personne ne se préoccupe de savoir si vous vivez ou si vous mourrez », peut-on lire dans le rapport du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), qui détaille les souffrances et sévices subis par les migrants entre les mains des passeurs, des trafiquants et des milices armées.

En 2018 et 2019, au moins mille sept cent cinquante personnes sont mortes durant leur périple, ce qui représente soixante douze morts par mois en moyenne. « Cela en fait une des routes les plus mortelles du monde pour les réfugiés et les migrants », note le HCR.

A ces morts s'ajoutent ceux qui périssent en Méditerranée dans leur tentative de gagner l'Europe (plus de mille deux cents en 2019 selon l'Organisation internationale des migrations).

Près d'un tiers des migrants meurent en tentant de traverser le Sahara. Les autres périssent dans le sud de la Libye ou le long de la route ouest-africaine incluant Bamako au Mali et Agadez au Niger.

Les femmes et les hommes « risquent le viol et les abus sexuels », particulièrement aux check-points et aux frontières, ainsi que lors de la traversée du désert. 31% des réfugiés interrogés ont été témoins ou ont subi des violences sexuelles dans plus d'un endroit tout le long de leur voyage.

Selon le rapport, les passeurs sont les principaux responsables de ces violences en Afrique du Nord et en Afrique de l'Est. En Afrique de l'Ouest, ce sont les forces de sécurité, les militaires ou la police, pour un quart des violences,

La plupart de ceux qui tentent la traversée vers l'Europe sont interceptés par les garde-côtes libyens. Plus de six mille deux cents migrants ont été renvoyés vers les côtes libyennes cette année, et sont souvent détenus arbitrairement dans des centres de détention officiels ou clandestins, indique le document.

« Une action décisive et concertée doit être menée par les Etats de la région, avec le soutien de la communauté internationale, pour mettre fin à cette cruauté, protéger les victimes et juger les criminels », a déclaré le Haut Commissaire aux réfugiés, Filippo Grandi, cité dans le texte.

Le HCR appelle donc à protéger les personnes vulnérables et à combattre les réseaux de trafiquants.

La situation des migrants s'est encore aggravée depuis le lancement d'une offensive sur Tripoli par l'homme fort de l'est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, et par l'arrivée de la pandémie du coronavirus. Les départs de migrants depuis les côtes libyennes ont augmenté entre janvier et avril 2020, comparé à la même période.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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