Congo-Kinshasa: Massacre de Kipupu - Dr Mukwege dit stop à l'impunité par l'application du Rapport Mapping

Militaires FARDC avec un lance roquettes, Sud Kivu

L'application du rapport Mapping mettra fin à l'impunité des crimes commis sur les civils dans l'est de la République démocratique du Congo, comme le massacre du 17 juillet à Kipupu qui a fait deux cents victimes. C'est l'avis du Dr Denis Mukwege.

La nuit du 16 au 17 juillet, deux cents civils ont été massacrés à Kipupu, chef-lieu du secteur d'Itombwe, territoire de Mwenga dans la province du Sud-Kivu. Il y a aussi eu deux cent cinquante maisons incendiées et cent cinquante personnes portées disparues. Ce crime, comme tant d'autres commis dans l'est du pays, va rester impuni. Et cela a suscité la réaction de désolation et de révolte du Prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege.

Dans un tweet, le médecin directeur de l'hôpital général de Panzi dénonce ce fait macabre en ces termes : « Ce sont les mêmes qui continuent à tuer en RDC. Les comptes macabres de Kipupu sont dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996. Tant que l'impunité perdurera et que les recommandations du rapport Mapping des Nations unies seront ignorées, les massacres des Congolais continueront ».

Le rapport Mapping...

Le réparateur des femmes violées dans les conflits armés dans l'est de la République démocratique du Congo recommande ainsi l'application du rapport de Mapping des Nations unies publié en 2010. Il s'agit d'un document, résultat des enquêtes concernant les violations les plus graves des droits de l'homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 en RD-Congo. Plus de 550 pages d'inventaire des crimes perpétrés en RDC, ce rapport répertorie 617 incidents à classer comme crimes internationaux au cas où ces crimes feraient l'objet d'enquête et de poursuites judiciaires complètes, tels les crimes de guerre commis lors de conflits armés internes ou internationaux. Il y a aussi les crimes contre l'humanité commis dans une attaque généralisée ou systématique contre une population civile.

Le rapport Mapping fait observer que la réaction des autorités congolaises face à ces multiples crimes s'est avérée inexistante. La passivité de l'Etat congolais a encouragé la perpétuation des violations et des massacres. Le rapport propose la mise sur pied d'une politique holistique de justice transitionnelle, avec la création des mécanismes divers et complémentaires, judiciaires et non judiciaires, la réparation et la réhabilitation des victimes, ainsi que la mise en route des réformes des institutions de justice et de sécurité.

La balle est donc dans le camp du gouvernement et de la société civile, afin d'envisager la création d'une juridiction mixte, d'une commission vérité et réconciliation, des programmes de réparation et des réformes, en impliquant naturellement la population par des consultations nationales. La finalité, ce serait de bannir l'impunité et de mettre définitivement fin à des crimes dans l'est du pays et ailleurs, vœu de l'unique Prix Nobel de la paix congolais.

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

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