Congo-Kinshasa: Détournement des fonds publics - «Le Congo n'est pas à vendre» soutient Fatshi dans la tolérance-zéro

29 Juillet 2020

Après le pari presque gagné pour l'instauration de l'Etat de droit, notamment à travers le dossier du Programme des travaux de 100 jours du Chef de l'Etat, pour lequel Vital Kamerhe a été condamné au premier degré à 20 ans de travaux forcés, les organisations de la société civile réunies au sein de la plate-forme "le Congo n'est pas à vendre" encourage le Président de la République dans la tolérance-zéro.

Il est invité, à cet effet, à suivre personnellement les différents dossiers de détournement des deniers publics où les auteurs sont restés impunis et circulent aisément à travers le pays.

C'était au cours d'une conférence de presse animée par Jean Michel Mvoto du Réseau d'Education Civique au Congo, Parole Mbengama, chargé de programme à l'Ong « Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées » (Aeta) et Pablo Muke, coordonnateur national de l'Observatoire Citoyen des Droits et Lutte contre la Corruption (Ocidc), et tenue hier mardi 28 juillet 2020 au siège de Recic. Leur vœu est de voir le pays passer à la vitesse supérieure dans la lutte contre la corruption. La peur du gendarme devrait amener les « Kuluna » en cravate, encore en liberté et en fonctions, à faire la différence entre l'argent de l'Etat et leurs poches personnelles.

Entre autres points noirs ciblés par les trois intervenants, il y a :

- le dossier GECAMINES, où 128 millions d'euros se sont volatilisés sans traces. Une enquête est ouverte au niveau des juridictions compétentes sans que l'affaire ne soit fixée devant un tribunal ;

- le dossier CNSA (Conseil National de Suivi de l'Accord de la Saint Sylvestre (31 décembre 2016), où 3.087.630 USD ont été décaissés pour payer les primes et salaires de 18 membres non actifs pendant plusieurs mois ;

- le dossier de 15 millions de dollars américains issus de la décote sur le remboursement du manque à gagner des opérateurs pétroliers ;

- le projet Bukanga Lonzo où des millions de dollars américains ont été investis sans que la population ne puisse bénéficier des retombées de cet investissement ;

- le dossier de la fibre optique où des millions de dollars ont été également décaissés du trésor public sans que les résultats ne soient palpables sur le terrain ;

- le dossier travaux de luxe de modernisation des locaux du Sénat, dans lequel le processus de passation des marchés n'a pas suivi les règles et le montant décaissé pour les travaux dépassait la ligne budgétaire liée à l'investissement ;

- le dossier FPI où des millions USD ont été empruntés par certaines personnalités pour des projets d'investissement sans qu'on enregistre des résultats concrets sur le terrain et ni de remboursement de sommes empruntées ;

- le dossier Passeport biométrique avec SEMLEX, où la traçabilité de 65 USD sur les 185 reste hypothétique ; - - Dossier de la MIBA ; etc.

Recommandations

Au vu de ce qui précède, la synergie « Le Congo n'est pas à vendre" recommande au Chef de l'Etat :

- de s'impliquer personnellement, comme c'est le cas dans les procès du Programme des travaux de 100 jours, pour l'ouverture et la fixation des actions judiciaires de tous les dossiers sus énumérés et d'autres non cités, devant les juridictions compétentes ;

- de veiller au fonctionnement régulier de l'Inspection Générale des Finances, en la dotant des moyens nécessaires pour mieux remplir les missions qui lui sont assignées ;

- de mettre en œuvre de manière effective la loi organique n°18/024 du 13 novembre 2018 portant composition, organisation et fonctionnement de la Cour des Comptes en RDC ;

- de veiller à ce que la justice soit réellement indépendante en la dotant des moyens conséquents pour sa réelle autonomie.

"La corruption est un frein au développement" : telle est la devise de la synergie « Le Congo n'est pas à vendre », qui comprend entre autres l'ODEP ; l' AETA ; l'OCIDC ; CONGO NOUVEAU ; OEARSE; AFREWATCH et RESOURCE.Dorcas Nsomue

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