Madagascar: Prévoyance sociale - Des prêts au profit des travailleurs au chômage

Des prêts octroyés par l'employeur à ses employés en chômage technique. C'est le schéma envisagé pour les salariés en chômage technique mais affiliés à la structure nationale de couverture sociale. « Un mécanisme en cours d'étude à la Caisse nationale de prévoyance sociale, CNaPS, prévoit une mise à disposition de fonds aux employeurs. Ces derniers redistribueront périodiquement ces fonds aux employés mis en chômage technique. Le montant obtenu par chaque salarié sera prélevé mensuellement sur sa rémunération l'an prochain. Il s'agit du projet actuel en cours de discussion », affirme une source proche du dossier.

Question sociale

Contacté, le leader d'un groupement économique, membre du conseil d'administration de la CNaPS, n'a pas nié l'existence du projet. D'après lui, « la volonté politique est attendue dans la mise en œuvre de ce moyen planifié pour se substituer au projet impossible d'octroi de subventions à toutes les personnes mises en chômage technique ». D'après un expert en sécurité sociale, « Il faut quatorze ans à la CNaPS pour réunir le salaire que gagne un employé en un an. Ce qui exclut définitivement la possibilité pour la CNaPS de verser des subventions à la place des salaires entiers des employés en suspension de travail à cause de la crise ».

Tandis que les chiffres officiels sur le chômage ne sont pas encore publiés, un responsable indique « l'existence de deux-cent-mille salariés formels affiliés à la CNaPS ». Dans sa mission d'octroi d'allocations aux travailleurs du secteur privé, la CNaPS ne dispose pas d'énormes moyens, mais perçoit ce que lui versent en pourcentage, employés et employeurs.

Dès la croissance du nombre d'employés mis en chômage, Thierry Rajaona a évoqué « l'existence des fonds exclusivement privés gérés par la CNaPS ». Ce président du Groupement des entreprises de Madagascar, GEM, a été le premier à être monté au créneau face à l'absence de mesures étatiques pour venir en aide aux salariés formels dépourvus de moyens de subsistance.

« La question sociale est la plus oubliée dans le contexte actuel. Par question sociale, on n'entend pas l'octroi de vivres aux personnes vulnérables. Il faut faire la part des choses entre la population active et la population inactive et le ministère responsable doit s'occuper de ce travail. Les salariés formels dont des prélèvements sur salaire ont été toujours reversés à la CNaPS, font grossir actuellement le rang des individus vulnérables. Il faut prendre en considération la situation de ces personnes du secteur formel en ces temps difficiles qui ne résultent pas de leur choix », conseille un spécialiste en travail social.

Plus de: L'Express de Madagascar

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