Congo-Brazzaville: Les autorités acceptent de faire évacuer Mokoko pour des soins en Turquie

Après plusieurs sollicitations des ONG, des avocats et même d'opposants politiques pour l'évacuation sanitaire de l'opposant Jean-Marie Michel Mokoko, hospitalisé à Brazzaville depuis le début de ce mois, le président congolais Denis Sassou-Nguesso aurait donné son accord en début de semaine pour que le général aille se faire soigner en Turquie. Le voyage doit avoir lieu ce jeudi 30 juillet 2020.

Un accord a finalement été trouvé au sujet de l'évacuation de Jean-Marie Michel Mokoko, indique notre correspondant à Brazzaville, Loïcia Martial. Il devrait partir ce jeudi pour Ankara, accompagné de son médecin, a confirmé le ministre congolais des Affaires étrangères.

Selon une source proche du dossier, l'avion médicalisé qui doit transporter le général Jean-Marie Michel Mokoko est sur le territoire congolais depuis quelques jours. « Tout est fin prêt. Les visas ont déjà été délivrés à l'officier et au médecin qui doit l'accompagner », a indiqué l'un de ses avocats sans plus de commentaires.

Au sujet de cette évacuation sollicitée depuis le 2 juillet, date d'admission de l'ancien chef d'état-major de l'armée à l'hôpital militaire de Brazzaville, Trésor Nzila de l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH) reste un peu dubitatif : « Son évacuation est une bonne nouvelle, mais qui nous laisse toujours dubitatifs, parce que tant que nous n'aurons pas la confirmation qu'il est dans l'avion et qu'il est parti, nous continuerons toujours à faire ce travail de veille et d'interpellation des pouvoirs publics ».

Toutefois, Trésor Nzila demande aux autorités turques de bien prendre soin du malade quand l'évacuation sera effective. « Puisqu'il s'agit de la Turquie, nous formulons le vœu que les autorités turques puissent lui offrir des soins appropriés. Le plus important pour nous est qu'il recouvre sa santé et nous verrons par la suite ce qui adviendra ».

Crise de paludisme aiguë

La santé du général Mokoko s'est fortement détériorée le mois dernier, alors qu'il était incarcéré depuis quatre ans à la maison d'arrêt de Brazzaville. Il y a trois semaines, il a été transféré à l'hôpital militaire de Brazzaville, souffrant d'une crise de paludisme aiguë, aggravée par de l'hypertension.

Depuis, sa famille demande son évacuation sanitaire vers le Maroc ou la France. Elle a été reçue par le chef de l'Etat en début de semaine. Ce dernier ne se s'est pas opposé à une évacuation à l'étranger.

Mais pour Brazzaville, il n'est pas question de l'envoyer en France. Les relations avec Paris ont été compliquées ces derniers temps, fait-on savoir dans la capitale congolaise et « on ne voudrait pas les envenimer à nouveau ». Le choix s'est donc porté sur Ankara avec qui Brazzaville entretient une coopération étroite.

Plus de: RFI

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.