Tchad: Idriss Deby intronisé maréchal, une dérive aux frais de l'Etat

President Idriss Deby.
29 Juillet 2020

Le Trésor va encore dépenser pour cette cérémonie, alors que le pays n'a pas organisé d'élections législatives depuis cinq ans, officiellement faute d'argent. Les pouvoirs qui lui seront alloués font redouter une dérive.

Le 11 août prochain, le président tchadien Idriss Deby sera intronisé maréchal du Tchad.

L'élévation du président tchadien Idriss Deby à la dignité de maréchal du Tchad, ultime niveau de la hiérarchie militaire, est perçue par de nombreux Tchadiens comme une voie vers une forme de dictature au Tchad.

Ce grade honorifique rappelle la triste époque des dictateurs comme Le Zaïrois Mobutu Sese Seko et le Centrafricain Jean-Bedel Bokassa. Pour Sosthène Mbernodji est le Secrétaire général du Mouvement citoyen pour la préservation des libertés, le MCPL :

'"La situation déjà catastrophique va se durcir dans la mesure où on aura une caporalisation du pouvoir. Mais aussi une évolution monarchique qui va s'installer dans la durée puisqu'aujourd'hui le président Deby se croit un demi-dieu et en fait, tous les pouvoirs lui sont dévolus. Nous craignons que ce soit une espèce de boulevard ouvert pour une dictature à l'infini", a estimé Sosthène Mbernodji.

Manque de moyen pour organiser des législatives

Abdelkerim Yacoub Koundougoumi, activiste tchadien exilé en France, trouve paradoxal l'organisation de cette cérémonie, dont le coût est financé par le contribuable tchadien alors que le pays est incapable d'organiser des élections législatives depuis cinq ans, faute d'argent.

"La situation du peuple tchadien, le devenir du peuple tchadien, la santé du peuple tchadien sont le dernier de leur souci. Cela doit servir de leçon au peuple tchadien, pour lui faire comprendre que son salut ne se trouve pas entre les mains d'Idriss Deby et les partisans de ce régime. Rien ne justifie l'organisation de cette cérémonie et de son financement par l'argent du contribuable tchadien."

Un avis que partage l'opposant François Djekombé, président du parti Union sacré pour la République (USPR).

"Ça va entrainer non seulement des dépenses pharamineuses mais greffer cette histoire de maréchal à la date du 11 août, date de l'indépendance du Tchad, comme pour enterrer définitivement l'indépendance du Tchad, c'est bien dommage. Si les Tchadiens sont sérieux, ils devraient tous boycotter cette cérémonie. Parce que c'est inconcevable. Le Tchad est en train de célébrer les 60 ans de son indépendance, on aurait souhaité qu'on puisse faire un arrêt pour pouvoir évaluer les 60 ans d'indépendance. La priorité devait être l'amélioration des conditions de vie des Tchadiens."

Malgré nos tentatives, le gouvernement a refusé de répondre à nos questions sur cette cérémonie qui doit se tenir le 11 août prochain.

Plus de: DW

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