Sénégal: Approvisionnement en moutons pour la Tabaski - Vers beaucoup d'invendus

30 Juillet 2020

A quelques heures de la fête de Tabaski, les artères, rues et ruelles de certains quartiers de Dakar sont inondées de moutons. Sur place, pas encore le grand rush, les moutons cherchent preneurs. Les prix semblent exorbitants.

Un tour d'horizon effectué hier mercredi 29 juillet, sur les différents points de ventes présage un fort reste d'invendus de moutons.

De l'échangeur de la foire au rond-point liberté 6 en passant par le Terminus liberté 5, du côté opposé du Casino de liberté 1, la rue 10 de grande Dakar, le long du mur du Lycée John Fitzgerald Kennedy, à Fass, à la corniche des Hlm de grand Dakar et du côté de la chapelle Saint Maurice d'Angers, Ben Tally et Niary Tally et entre autres rues de ces quartiers visités hier mercredi 29 juillet, les montons font le décor de ces endroits.

Dans ces différents points de vente, les prix soutenus abordables par les vendeurs sont de loin hors de la portée des pères et mères de familles angoissés de ne pas pouvoir en trouver conformément à leur bourse. Sur les allées du camp pénal, Mor soutient ceci: «Pour le moment ce n'est pas le grand rush.

Mais à mon avis les prix des moutons que nous vendons varient entre 110 000 à 750 000FCFA. Et ce sont des moutons de qualité.». Même situation au Terminus liberté 6. Tout l'espace jadis occupé par les laveurs de voiture est désormais rempli de moutons.

A ce niveau, les clients cherchent, mais trouvent les prix assez élevés. C'est de cas pour Astou en compagnie de son mari: «Mon mari et moi cherchons depuis le matin un mouton, mais ils restent très chers.

Déjà que la situation de la covid-19 est difficile, mais aussi beaucoup de gens sont des soutiens de famille. Donc, je pense que les vendeurs doivent casser les prix pour permettre aux musulmans de passer une bonne fête de Tabaski», a-t-elle imploré.

A la rue 10 du quartier Grand Dakar, les moutons décorent bien les deux artères. Les clients se font désirer pour le moment, comme en témoigne Modou Fall: «Pour le moment, les clients viennent au compte-goutte, mais je suis convaincu qu'ils vont venir à la dernière minute parce que beaucoup d'entre eux n'ont pas d'endroit sécurisé pour garder leur mouton. Voilà, pourquoi, ils attendent la veille ou à quelques heures de la fête, pour en acheter».

Du côté du Lycée John F Kennedy les deux côtés du pourtour sont remplis de moutons. Là aussi pas le grand rush, mais certains ont préféré acheter et laisser sur place.

Moyennant les frais de gardiennage. Moustapha Mbengue déclare: «Chaque année j'achète un mouton des jeunes du quartier qui s'activent de ce business, mais je leur laisse avec mon mouton jusqu'au jour de la fête pour venir le chercher.

En contrepartie, je paie le gardiennage et chaque jour j'amène l'aliment et l'eau». Même marasme au niveau des Hlm, Ben Tally, Niary Tally, GueuleTapée-Fass-Colobane.

Dans tous ces endroits visités, les moutons se comptent par millier. A grand Dakar Laye qui s'active dans l'élevage déclare: «Moi, j'élève des moutons et depuis 7 ans déjà que je n'achète plus de mouton de Tabaski. J'en élève et j'en commerce... ».

OPERATION TABASKI : Des ados dans le business

Partout dans les différents points de ventes, des adolescents s'activent autour des moutons. Ils lavent, donnent des aliments et de l'eau toute la journée.

Ils se transforment même en petit berger. A la rue 10 de grand Dakar Ibou se perd dans les moutons. Sa maman le cherche parmi les nombreux enfants qui s'activent au lavage des moutons.

«Moussa, Moussa» appelle-t-elle. «Où est Ibou». Moussa répondit «Ibou est là-bas devant, en train de donner de l'aliment au mouton». Elle remue la tête et alla le chercher.

L'ayant trouvé, Ibou demande d'abord à être payer avant de partir avec sa maman. Ce que son employeur fera en lui donnant 500 FCFA. Il dit à sa mère: «Maman, regarde j'ai 2 500 FCFA avec moi... ».

Cheikh vendeur de mouton confirme le business de ces ados. «Ces enfants que vous voyez là, ils nous aident mais aussi, ils se font beaucoup d'argent. J'en connais beaucoup qui arrivent à se payer les habits et les chaussures et même pour se coiffer afin de passer une bonne fête de Tabaski.

Moi, ça fait 5 ans que j'évolue dans ce business mais ces enfants que voyez là, arrivent à gagner de l'argent pour s'acheter des vêtements. Et je trouve cela très entreprenant».

Plus de: Sud Quotidien

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