Congo-Kinshasa: Manipulation du taux de change - Les Télécoms dans le viseur de la Banque centrale du Congo

La Banque centrale du Congo (BCC) veut en finir avec le désordre et l'anarchie qui ont élu domicile sur le marché de changes. Dans cette optique, l'Institut d'émission promet de mettre hors d'état de nuire tout opérateur de télécoms qui continuerait à manipuler le taux de change, pour quelque motif que ce soit. Le paiement de 5% du chiffre d'affaires sera exigé à tout opérateur qui continuera à afficher le taux de change fantaisiste.

Accusés de manipuler le taux de change, les opérateurs de télécoms œuvrant en République démocratique du Congo feront bientôt l'objet d'une traque sévère de la part de la Banque centrale du Congo (BCC). La décision a été annoncée le mercredi 29 juillet par le gouverneur de la BCC, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, au cours d'une conférence de presse tenue à l'issue d'une réunion extraordinaire du Comité de politique monétaire (CPM).

Selon le gouverneur de la BCC, des lettres sont déjà en train d'être rédigées à l'endroit des opérateurs de télécoms à ce sujet.

« Tout opérateur de télécoms qui s'illustrerait par des comportements spéculatifs en rapport avec le taux de change subira la rigueur de la loi. Il sera soumis au paiement de 5% du chiffre d'affaires réalisé l'année précédente », a prévenu Deogratias Mutombo.

Pour le gouverneur de la BCC, les opérateurs de télécoms sont parmi les influents du marché. Dès qu'ils affichent un taux de change spéculatif, toute l'opinion doit automatiquement suivre. Raison pour laquelle la loi sera désormais appliquée de manière rigoureuse à l'endroit de « tout opérateur qui s'hasarderait à afficher le taux de change non conforme ».

Pour certains analystes, la Banque centrale doit également cibler toutes les grandes entreprises qui font de gros chiffres d'affaires journaliers en monnaie nationale et qui se retournent tout de suite après sur le marché de change pour avoir des devises. Ils estiment que ceci vaut également pour les créanciers de l'État qui sont payés en franc congolais. Dans le lot figurent également les cambistes manuels qui, à longueur des journées, ne cessent d'afficher des tableaux dans la rue, affichant parfois des taux de change inexistants.

Nombreux sont ceux qui pensent que le changement de comportement préconisé doit également concerner les hauts cadres des institutions étatiques et autres agents publics qui, une fois payés en monnaie nationale, s'organisent à convertir leur argent en dollars américains parfois à des taux manipulés.

Conséquence, toute cette pression exercée sur le marché de change produit des effets sur le comportement de la monnaie nationale. Et ce, en dépit des facteurs structurels et exogènes qui ont également de l'influence sur la dépréciation du CDF.

Au 28 juillet 2020, le cours de la monnaie nationale s'est établi à CDF 1 969,32 le dollar américain, accusant ainsi un taux de dépréciation mensuel et cumulé respectif de 3,17% et 15,04% contre 2,23% pour l'ensemble de l'année 2019.

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