Congo-Kinshasa: Front social en ébullition - La BCC recommande l'ajustement budgétaire

L'Institut d'émission ne veut pas baisser le bras dans le cadre de ses missions. Devant obligatoirement combattre de la dépréciation de la monnaie nationale face au dollar américain, l'autorité monétaire sort ses cartouches.

Pour mettre un terme à la décote du franc congolais face au dollar américain, la Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé, le mercredi 29 juillet 2020, trois principales mesures à mettre en œuvre. Mesures prises à l'issue de la réunion extraordinaire du Comité de politique monétaire (CPM).

A savoir l'ajustement budgétaire, l'amélioration de la mobilisation des recettes ainsi que le renforcement des mesures relatives au respect strict de la réglementation de change.

Selon le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo, il est temps de mettre de l'ordre, notamment, en ce qui concerne les dépenses de l'Etat.

« Si le pays veut réellement lutter contre la dépréciation du franc congolais, toutes les dépenses non prioritaires de l'Etat doivent être suspendues. C'est ce qui a été fait en 2017 lorsque le pays a connu une situation similaire. Ceci implique que soit améliorée la qualité de la dépense publique »,a-t-il indiqué.

Concernant la mobilisation des recettes internes, le gouverneur de la BCC et président du CPM estime qu'il y a nécessité et urgence de mettre un terme à une multitude de taxes, notamment au niveau de la douane.

«Sur le bulletin de liquidation de la Direction générale des douanes et accises, par exemple, lorsqu'il s'agit du dédouanement des marchandises, l'importateur fait inutilement face une multitude de taxes. Mais au finish, c'est seulement 20% du montant perçu qui se retrouvent dans la caisse de l'Etat. Or, si on supprimait d'autres taxes en ne laissant que quelques-unes, on mobiliserait plus. Des services habiletés à œuvrer aux frontières doivent aussi être revus à la baisse, car ceci constitue une des causes de coulage des recettes de l'Etat », s'est indigné Deogratias Mutombo.

Dans un autre registre, le président du CPM a également souhaité que soit réduite la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui, selon lui, est trop élevée. Deo Mutombo pense que cette taxe peut être fixée à 10% en lieu et place de 30% actuellement.

«Avant toute réforme dans ce secteur, il faut préalablement mettre autour d'une même table, l'autorité fiscale et le monde des affaires »,a-t-il proposé.

Concernant le renforcement du respect de la réglementation de change, le gouverneur de la BCC est revenu sur l'obligation par les miniers de rapatrier 60% des devises obtenues à l'issue de l'exportation des matières premières, conformément à la loi.

Il faut noter que sur le marché indicatif, après avoir enregistré de fortes volatilités à partir de fin mars 2020, le franc congolais a connu une accélération de sa perte de valeur face au dollar américain au deuxième trimestre, avant qu'un ralentissement ne s'observe en début du troisième trimestre.

Décisions courageuses

Ainsi, au 28 juillet 2020, le cours de la monnaie nationale s'est établi à CDF 1 969,32 le dollar américain, accusant ainsi un taux de dépréciation mensuel et cumulé respectif de 3,17% et 15,04% contre 2,23% pour l'ensemble de l'année 2019.

Au cours de la même période, le taux parallèle, pour la première fois, est passé au-dessus de la barre de CDF 2 000,00 le dollar, se situant à CDF 2 036,66 le dollar, soit une dépréciation mensuelle de 2,91%. Toutes choses restant égales par ailleurs, en cumulé, le franc congolais affiche une dépréciation de 15,27% contre 2,94% pour l'ensemble de l'année 2019.

Dans un communiqué publié à ce sujet, l'Institut d'émission indique que cette situation qui résulte des chocs tant externes qu'internes, caractérisés, notamment par des effets négatifs dus à la crise de la Covid-19, a conduit le CPM à prendre des mesures aux fins de contenir les pressions sur le marché et renforcer ainsi la stabilité du cadre macroéconomique.

Ces décisions visaient principalement à ponctionner la liquidité via l'activation des instruments « réserve obligatoire » et « Bon BCC » ainsi qu'à procéder à des interventions directes et indirectes sur le marché des changes, en vue d'améliorer l'offre des devises sur le marché et contribuer ainsi au lissage du taux de change.

En vue de s'assurer une efficacité optimale de ces mesures et renforcer ainsi le cadre macroéconomique, le CPM sollicite l'accompagnement du gouvernement par des mesures visant notamment à resserrer davantage la liquidité sur le marché.

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