Kenya: Situation précaire des habitants expulsés de la forêt de Mau

communiqué de presse

Nairobi — Les autorités ne leur fournissent pas l'assistance vitale dont ils auraient urgemment besoin

Les violences policières et la destruction de biens lors d'expulsions dans la vallée du Rift au Kenya, ainsi que le manque de soutien pour les habitants expulsés, ont causé des décès et suscité un sentiment de désespoir, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Depuis 2018, les autorités kényanes ont expulsé plus de 50 000 personnes hors des terres forestières de Mau, dont plus de 40 000 en juillet 2018 et des milliers d'autres habitants entre août et novembre 2019. Au moins 6 000 personnes récemment expulsées vivent actuellement dans des conditions difficiles dans des camps de fortune établis dans le comté de Narok, et n'ont pas été relocalisés ou indemnisés conformément à la loi kényane.

« Expulser violemment les habitants de régions forestières est inacceptable, et ne pas aider à les reloger ou soutenir pendant la pandémie de Covid-19 est encore pire », a déclaré Otsieno Namwaya, chercheur senior auprès de la division Afrique de Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait répondre de toute urgence à cette crise en enquêtant sur les cas de recours à une force excessive et sur d'autres abus, et en appliquant la réglementation kenyane relative aux expulsions. »

Human Rights Watch a constaté qu'entre août et novembre 2019, près de 150 policiers, gardes du comté de Narok et agents des services forestiers ont utilisé une force excessive pour expulser des habitants de 10 villages situés dans l'est de la Forêt de Mau, y compris Kitoben, Olaba, Kapkoros et Kirobon. Au moins sept personnes sont mortes pendant ou après les expulsions, selon des proches et des témoins. Les autorités kényanes n'ont pas enquêté sur ces décès, ni sur d'autres abus et ont plutôt menacé de fermer de force les camps.

Deux personnes sont décédées des suites des violences policières pendant ou juste après les expulsions. Au moins cinq autres sont décédées quelques mois plus tard, peut-être en partie à cause de conditions difficiles telles que le manque de nourriture et un froid excessif, mais les autorités kényanes ont nié que quiconque soit mort.

Des policiers ont blessé des personnes lors des expulsions, ont pillé des denrées alimentaires, et ont parfois incendié des échoppes et des habitations.

En vertu du droit international, les expulsions forcées constituent une grave violation des droits humains, et les États devraient prendre toutes les mesures possibles pour les empêcher.

Les autorités kényanes devraient fournir d'urgence de l'aide alimentaire et financière aux milliers de personnes déplacées, qui ont été expulsées de la forêt de Mau. Le gouvernement devrait veiller à ce que ces personnes soient correctement indemnisées, en particulier compte tenu des preuves crédibles que de nombreux habitants avaient acheté leurs terres il y a près de 30 ans. Le gouvernement devrait également enquêter sur les abus commis lors des expulsions forcées, et s'assurer que justice soit rendue dans ces cas.

Plus de: HRW

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