Madagascar: Télécommunication - La 5G déployée contre vents et marées

Bâtons dans les roues, Telma continue sur sa lancée. Quelques jours après l'annonce de la mise sous scellés des infrastructures 5G de l'opérateur, ce dernier annonce pourtant l'extension de ce réseau dans la région Atsinanana. « La ville de Toamasina dans la région Atsinanana a l'honneur d'être la deuxième ville à bénéficier de ce réseau next generation. Les sites couverts se trouvent au centre-ville et dans la zone du port. Telma souhaite, à travers cet upgrade, accompagner la digitalisation déjà entamée, de l'administration du port ainsi que des services de la douane locale » explique l'opérateur dans une communication par voie de presse avant-hier.

Contre vents et marées, l'opérateur s'acharne sur ses objectifs d'extension à coup de millions d'euros. « Le coût de l'implantation de la 5G représente pratiquement vingt millions d'euros. Nous avons déjà versé une tranche de cinq millions d'euros cette année, (... ) l'année dernière, nous avons déployé plus de six cent nouveaux sites à travers Madagascar, signé un contrat de cent millions d'euros avec Sony Ericsson (... ) et nous devrions encore déployer cinq cent sites cette année » explique Patrick Pisal-Hamida, directeur général de Telma Madagascar dans le média la Tribune Afrique.

Sanction

En fin de semaine dernière, L'Autorité de Régulation des Technologies de Communication est revenue sur sa décision par rapport à l'autorisation d'expérimentation temporaire de la technologie 5G octroyée à Telma. L'annonce de la mise en place de la 5G à Toamasina s'apparente ainsi à un acte de bris des scellés.

«L'Artec a délivré une autorisation temporaire d'un mois à Telma en juillet 2019. Une autorisation temporaire, selon les textes en vigueur, a une validité d'un mois. L'autorisation temporaire ayant pour objet l'expérimentation, aucune commercialisation n'est autorisée. Pourtant l'opérateur lance déjà les campagnes marketing y afférant. Des mesures de sanction sont envisagés dans ce contexte » explique Laurent Rakotomalala, directeur général de l'Artec. Selon les normes de l'expérimentation, l'autorité de régulation a attribué les fréquences 3.6 et 3.7 Ghz qui sont aussi utilisées par d'autres services satellitaires à l'instar de l'aviation civile, la sécurité aérienne ou encore les organismes internationaux.

L'exploitation outdoor effectuée par l'opérateur présente ainsi des risques de brouillage préjudiciable pour les stations de ces autres organismes. « Au niveau de l'Artec ainsi que du ministère de tutel, l'opérateur n'a pas encore rempli les conditions requises pour la commercialisation de la 5G, correspondant ainsi à un bris de scellés après les mesures de suspension entreprises par les autorités la semaine dernière. Rupture illégale des scellés qui peut être pénalement sanctionnée » rajoute Ranesa Rakotonjanahary, secrétaire général du ministère des Postes, de la Télécommunication et du Développement Numérique.

Plus de: L'Express de Madagascar

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