Ile Maurice: Quarantaine «payante» - Voilà ce que vous devez savoir

C'est suite à une question supplémentaire du député Patrice Armance au Parlement, mardi. Le ministre de la Santé, Kailesh Jagutpal, a alors révélé qu'il y a des passagers en quarantaine à l'hôtel Voilà Bagatelle, depuis la semaine dernière, et qu'ils prennent eux-mêmes en charge leur frais d'hébergement... Il n'a pas fallu longtemps pour que la polémique enfle. Comment ces personnes sont-elles arrivées à Maurice ? Quand ? Pourquoi ce 'privilège' alors que les frontières sont fermées? Et combien paient-elles ? Réponses...

Après l'annonce au Parlement, le ministre de la Santé a donné un peu plus de détails sur les passagers. «Il y a une compagnie qui avait demandé la permission de venir tourner un film, et le gouvernement a accepté cette demande. Toutes les mesures sanitaires sont respectées», assure Kailesh Jagutpal, en confirmant dans la foulée que les frais de quarantaine sont encourus par les passagers.

Que paient-ils au juste ? Et combien ? Une source au sein du ministère explique que la permanence du personnel de la Santé, tout comme les policiers postés sur place, n'est pas payant car cela fait partie du protocole. Cependant, tous les autres services, y compris les tests PCR, coûtent des sous. «Un test coûte environ Rs 2 000», fait-on savoir. Puis, contrairement aux voyageurs qui rentrent au pays, ces 13 personnes, qui sont venues à bord d'un vol affrété d'Angleterre, doivent mettre la main à la poche pour leurs repas, la location des chambres et tout autre service mis à leur disposition. «Mais selon le dossier que nous avons eu, ces frais sont pris en charge par un des sponsors locaux de l'équipe de tournage», laisse entendre une source proche du gouvernement. Tout en sachant qu'une chambre à Voilà Bagatelle coûte en moyenne entre Rs 3600 et Rs 4 500 par nuit.

Sinon, comment se fait-il que ce groupe de non-résidents ait pu avoir accès au territoire mauricien alors que les frontières sont fermées ? En fait, la compagnie de production a approché les autorités pour obtenir une permission spéciale pour le tournage. «L'activité économique doit redémarrer petit à petit. De plus, le groupe a approché l'Economic Development Board avec une proposition de quarantaine. Après une évaluation, celle-ci a été validée», avance notre interlocuteur. L'hôtel Voilà Bagatelle était donc le choix de la compagnie de production, nous dit-on.

Un choix qui s'explique par le fait qu'ils sont des clients réguliers de l'établissement. «Ils y séjournent fréquemment depuis 2017. Lorsqu'ils nous ont approchés, ils nous ont fait savoir qu'ils ont l'approbation du gouvernement. Nous nous sommes alors tournés vers le ministère de la Santé pour savoir ce qu'il fallait faire», avance-t-on du côté de Voilà Bagatelle. Une source autorisée précise que l'hôtel n'a pas été 'transformé' en centre de quarantaine, mais que «les protocoles de quarantaine sont appliqués au sein l'hôtel». Après cette période de quarantaine, donc, l'équipe de tournage séjournera toujours dans l'établissement.

Quid de la sécurité sanitaire ? Des gens qui fréquentent le centre commercial sis à côté ? Aucun risque, répondent en chœur le gouvernement et l'hôtel. «Certes, les alentours des centres de quarantaine sont des 'restricted areas', mais regardez le centre Gold Crest à Quatre-Bornes, par exemple. Il est situé dans un centre commercial au milieu d'une ville, et il n'y a jamais eu de problème. Idem pour Gold Beach. Les hôtels à côté fonctionnent normalement», fait valoir une source gouvernementale.

Du côté de Voilà Bagatelle, on explique que des partitions en bois ont été érigées pour séparer les chambres des parties communes. «Les clients ne peuvent pas quitter leurs chambres à cause de ces partitions. De plus, les repas sont servis par le personnel de la Santé. Les employés de l'hôtel n'ont aucun contact avec eux.» Qui plus est, l'hôtel a informé le public du fait qu'il sera exclusivement réservé à ce groupe jusqu'à fin octobre. Par ailleurs, tous les membres de l'équipe ont été soumis à des tests PCR avant d'embarquer et selon le protocole, ils en ont fait un autre à leur arrivée et auront deux autres tests durant la quarantaine. À hier, tous étaient négatifs.

Est-ce qu'il y a d'autres projets de quarantaine payante» en attente ? Du côté du gouvernement, on explique que rien n'a été décidé, mais si des propositions du même genre arrivent, elles seront considérées au cas par cas. «Dans le cas de l'équipe de tournage, la proposition était complète, fera tourner l'économie et ne coûte rien à l'État. Si d'autres propositions du même type arrivent, nous allons les considérer», fait-on valoir.

«Il faudra trouver des solutions. Proposer une quarantaine payante avec un service adéquat en fait partie. C'est une première et cela peut servir à démontrer que la proposition d'ouverture des frontières graduelle avec une quarantaine payante va attirer du monde», rétorque-t-on du côté de l'hôtel.

Plus de: L'Express

à lire

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.