Congo-Brazzaville: Quand la photo par smartphone dérange les photographes professionnels !

« Notre métier est envahi par des amateurs », disait il y a quelques mois un jeune photographe professionnel. Ce billet d'humeur est suscité par des grincements de dents et plaintes entendus ici et là des photographes professionnels qui voient leur métier disparaître peu à peu, car ces derniers ont perdu leur audience auprès de leur clientèle à cause de la montée fulgurante de la photo par téléphone portable.

Cette photo avec le smartphone, disent les photographes professionnels, ne respecte pas les principes et qualités d'une bonne photo prise avec l'art. Pour de nombreux photographes professionnels, cette photo par téléphone portable est le plus souvent l'œuvre des amateurs.

Pire encore, le constat fait chaque jour par le commun de mortel est que les maisons de photographie professionnelle, qui dans les années 80 et 90 voire même au début de la décennie 2000, érigées ici et là dans les abords des artères des deux grandes agglomérations que sont Brazzaville et Pointe-Noire, et qui avaient créé en ce temps de l'emploi aux gens et à certaines personnalités célèbres, n'existent pratiquement plus. Ces structures ont disparu au profit de ces jeunes ambulants et amateurs photographes qui errent ici et là dans tous les espaces publics à la recherche des occasions festives et autres cérémonies afin d'avoir des clients.

A dire vrai, les organisateurs des cérémonies ont cessé d'aller vers les photographes professionnels qui ont pratiquement disparu pour la plupart car, disent-ils, le « métier n'est plus rentable ». Ainsi donc pendant des cérémonies et manifestations, tout le monde est porteur de téléphone portable ou de Smartphone et se transforme ipso facto en photographe amateur. C'est cet acte qui dérange énormément des photographes professionnels et, du coup, la photographie professionnelle est vite contournée, oubliée ou négligée. Ces photographes professionnels perdent là des occasions pour avoir de l'argent ou de la clientèle.

Oui, il y a là un problème réel d'une concurrence quelque peu banale qui ne dit pas son nom. Et cette concurrence banale a un impact regrettable sur la vie socio-professionnelle des gens qui avaient choisi le métier de la photographie. Et comme il n'y a plus d'intérêt pour les gens de s'adresser aux photographes professionnels, ces derniers multiplient timidement d'autres stratagèmes pour faire vivre leur métier en voie de disparition. Ils sont eux aussi devenus les ambulants et occupent quelquefois les vendredis et samedis les mairies d'arrondissements à la recherche eux aussi de certaines des mariages officiels pour se « partager » quelques rares clients qui ont encore de l'intérêt pour des photographes professionnels.

Il y a aussi un autre phénomène qui a vu le jour, c'est celui de la photo numérique, qui est en train de tuer à petit feu la photographie professionnelle véritable qui était l'œuvre des photographes professionnels, car vivant bel et bien de ce métier. Aujourd'hui, les « Labo » d'impression de photos sont plus remplis des jeunes amateurs qui arrivent sans cesse avec leurs clés USB ou tout autre support matériel pour sortir des photos, peu importe les qualités de celui qui les aurait faites, amateurs ou non. Et le plus souvent, ce sont l'œuvre des amateurs spécialistes des « photographies par smartphones ».

Cela étant dit, de nombreux photographes professionnels n'ont cessé de regretter le manque d'organisation depuis lors de ce corps de métier qui a beaucoup créé des emplois par le passé. Une chose est vraie, ce n'est pas parce que l'on est porteur d'un téléphone portable que l'on devienne photographe. La photographie demande un certain nombre de qualités.

Il est urgent que les photographes professionnels s'arriment aux changements qui surviennent dans ce métier actuellement en recréant une « photographie à valeur ajoutée » afin de regagner la confiance auprès des clients et cela découragerait, nous en sommes sûr, des « amateurs photographes par smartphone » qui ont envahi le « domaine » des autres.

AUTHOR: Faustin Akono

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