Afrique: Sur la nouvelle équation américaine

Que les jours de Donald Trump à la Maison-Blanche, autrement dit à la tête de la première puissance mondiale que sont les Etats-Unis d'Amérique, soient comptés ne fait plus guère de doute. Englué dans le fossé qu'il a lui-même creusé en sous-estimant les dégâts humains du coronavirus, confronté à la récession économique que cette pandémie a provoquée dans tous les Etats de l'Union, subissant de plein fouet la chute du dollar sur les marchés mondiaux qui en a résulté, prenant des décisions pour le moins discutables telles que la montée des tensions en Mer de Chine du sud et la fragilisation de l'Alliance atlantique qui affecte durement l'Europe, le successeur de Barack Obama paiera probablement au prix fort les erreurs médicales, économiques, financières, diplomatiques, stratégiques qu'il n'a pas cessé de commettre tout au long de son mandat.

Tout bien pesé c'est probablement ce même diagnostic qui le conduit aujourd'hui à tenter de repousser l'élection présidentielle qui doit se tenir début novembre sur toute l'étendue des Etats-Unis, un scrutin que les sondages d'opinion réalisés ces derniers temps laissent prévoir catastrophique pour le locataire actuel de la Maison-Blanche. Et, par contrecoup, très positif pour son rival démocrate, Joe Biden, qui fut vice-président durant les deux mandats de Barack Obama de 2008 à 2016 et qui a désormais toutes les chances d'être adoubé par la majorité des citoyens américains alors même qu'il en avait apparemment peu il y a un an.

Dans le contexte pour le moins délicat dans lequel se déroule la nouvelle campagne électorale américaine, l'erreur qu'il ne faut surtout pas commettre serait de croire que les Etats-Unis perdront à bref délai la position de première puissance mondiale qu'ils occupent depuis près d'un siècle. Même s'il est probable qu'il en ira ainsi à échéance de trente ou cinquante ans en raison de son poids démographique relativement faible et par conséquent de sa puissance économique à venir très inférieure à celle de nations comme la Chine ou l'Inde, l'Amérique de Donald ou de Joe Biden est parfaitement armée, dans tous les sens du terme, pour garder sa place au sommet de la pyramide humaine dans les deux ou trois prochaines décennies.

Ce qui est certain, en revanche, c'est que l'Etat fédéral va devoir prendre mieux en compte l'évolution de la planète s'il veut conserver son influence dans la conduite des affaires mondiales. Ceci en mettant fin au repli sur soi que prône plus ou moins ouvertement Donald Trump, en confortant le dollar dans sa position de première monnaie de réserve, en affirmant sa présence dans les régions émergentes comme l'Afrique, en maintenant plus nettement sa puissance militaire à un niveau suffisant, en resserrant ses liens avec ses alliés européens, bref en jouant résolument la carte de l'ouverture.

Les Américains ont, en vérité, dans leurs mains toutes les cartes disponibles pour conserver un temps encore la place stratégique qu'ils occupent sur la scène planétaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais encore faut-il que leurs dirigeants comprennent mieux le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Et c'est bien l'enjeu du scrutin présidentiel à venir.

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