Maroc: Affaire Radi - Temps difficiles pour la presse et restriction des libertés

Au Maroc, Omar Radi, journaliste et militant des droits de l'homme, est incarcéré depuis mercredi 29 juillet après avoir répondu huit fois aux convocations de la police judiciaire. Selon le Procureur du roi, il a été placé en détention provisoire. Il est poursuivi pour des suspicions de « financements » et des contacts « avec l'étranger ». Il est aussi accusé de « viol ». Au Maroc, ce n'est la première affaire judiciaire qui vise un journaliste ces derniers mois.

La série est longue... Au moins 21 journalistes et blogueurs ont été visés par ce genre d'accusations à Rabat. Ils ont tous été jugés et incarcérés.

Comme ses prédécesseurs, Omar Radi a subi une campagne de dénigrement dans les médias d'Etat. Comme d'autres journalistes emprisonnés, il est accusé de contacts avec un service de renseignement étranger ce qui, selon le chef d'accusation, met la sécurité nationale en danger. Comme Taoufik Bouachrine qui a écopé de 12 ans de prison ferme, il est accusé de viol et de violence.

Les collègues d'Omar Radi dénoncent un jugement politique qui n'est pas basé sur des faits véritables. Amnesty accuse les autorités marocaines d'avoir espionné son téléphone par le logiciel israélien Pegassus.

Pour Omar Radi, ces accusations sont liées aux harcèlements qu'il subit depuis un certain temps. Jeudi 30 juillet, dans un communiqué, il a affirmé avoir été victime d'un « piège bien ficelé ».

À noter que ce n'est pas la première fois que ce journaliste de 33 ans est traduit devant la justice au Maroc. En mars dernier, il a été condamné à une peine avec sursis de quatre mois d'emprisonnement pour un Tweet fustigeant un juge, après le jugement de militants de l'Hirak du Rif.

Pour les défenseurs de la liberté d'expression, « c'est une guerre contre les journalistes » que le pouvoir marocain est en train de mener. Hicham Mansouri, journaliste marocain, en exil en France, qui a également subi ce genre de harcèlement, appelle l'opinion publique nationale et internationale à mettre la pression pour libérer Omar Radi. Joint par RFI, il affirme que tout a commencé en 2011.

Nous vivons un moment très délicat, en l'absence d'une ouverture politique avec, à l'horizon, une crise économique qui sera accentuée par la sécheresse et le contexte du Covid-19 mais aussi la maladie du roi et le prince héritier qui est encore jeune pour gouverner. Je pense que les ingrédients d'une situation explosive sont déjà là.

Hicham Mansouri, journaliste marocain, en exil en France.

Plus de: RFI

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