Cote d'Ivoire: Sera-ce Bakayoko ?

Hamed Bakayoko, nouveau Premier ministre.

L'élection présidentielle ivoirienne du 31 octobre prochain peut encore réserver des surprises. En particulier du côté de la majorité sortante où le président Alassane Ouattara, prié par ses partisans de se lancer dans la course après le décès de son dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly, fait encore durer le suspense. Le 29 juillet lors de la convention de son parti, le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix-RHDP-, le chef de l'Etat a invoqué le deuil qu'il observe et renvoyé sa décision à un peu plus tard.

Avant plus tard, le président ivoirien est tout de même tenté de reprendre la main. En nommant Ahmed Bakayoko Premier ministre cumulativement avec ses fonctions antérieures de ministre de la Défense, Alassane Ouattara a peut-être lancé un ballon d'essai dans le ciel un peu nuageux de sa famille politique. Car mise à part la disparition de son fidèle compagnon mentionnée plus haut, la démission surprise de son vice-président Daniel Kablan Duncan ajoute à une avalanche de nouvelles pas toujours rassurantes pour le camp du président à seulement deux mois du scrutin.

A 55 ans, Ahmed Bakayoko est jeune et peut être la figure de rechange dont le RHDP a besoin pour répondre au débat en cours en Côte d'Ivoire sur l'âge des candidats les plus en vue, parmi lesquels l'ex-président Henri Konan Bédié. Puisque la fidélité fait aussi partie des clauses morales qui décident un plus ancien à laisser la place à un plus jeune, le nouveau Premier ministre est du cru de ces jeunes qui suivent le président Ouattara depuis un assez long moment. Il peut donc être adoubé par ce dernier.

Là par contre où les choses peuvent être vues autrement est le sentiment des autres fidèles du président vis-à-vis de Bakayoko. Aussitôt après le décès de l'ancien Premier ministre Gon Coulibaly, le message entendu à l'unisson au RHDP est que le chef de l'Etat est mis devant le fait accompli, qu'il ne peut pas déroger à sa responsabilité de porter les couleurs du parti, de le maintenir à flot au risque de le voir emporter par les vagues qui le soumettent à des oscillations incessantes.

De ce qui précède, on peut estimer le choix du président Ouattara conditionné par un seul impératif. Celui de voir son parti l'emporter devant ses adversaires qui s'organisent pour qu'il n'en soit pas ainsi. Dès lors, le temps du deuil et de la réflexion qu'il a demandé à ses partisans devra lui permettre de mûrir sa décision. Président en poste, il peut utiliser ses réseaux pour consulter davantage et se faire des alliés.

Au fond, Alassane Ouattara ne se prononcera pour la candidature de quelqu'un d'autre de sa famille politique que s'il a la conviction que ce quelqu'un d'autre peut faire gagner son camp. Il peut se tromper sur son propre compte en se disant être personnellement l'homme qu'il faut au regard des enjeux de cette élection où un ancien président qui fut son allié est à ses trousses. Cela peut être un choix risqué, mais devant des adversaires qui pointent les échecs de ses dix années passées à la tête du pays, on peut penser qu'il n'y aura pas mieux pour défendre son bilan que Ouattara lui-même. Enfin, on ne sait jamais !

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