Congo-Kinshasa: Infrastructures - Les entrepreneurs congolais recommandent la dépolitisation des travaux publics

« Dépolitiser les travaux publics qui occasionnent des dépenses brusques et surtout des attributions des marchés en dehors des normes ». C'est l'une des recommandations formulées par les entrepreneurs à l'issue du séminaire-atelier tenu à Kinshasa du 29 au 31 juillet dernier.

Les membres de l'Alliance des bâtisseurs congolais (ABC)

Pendant trois jours, soit du 29 au 31 juillet 2020 à Beatrice Hôtel, les entrepreneurs congolais ont réussi à faire des recommandations au gouvernement pour booster le secteur des infrastructures en RDC. C'était à l'issue des travaux du premier séminaire-atelier organisé par l'Alliance des bâtisseurs congolais (ABC), sous le thème « Entrepreneuriat congolais dans le secteur des infrastructures, 60 ans après : défis et perspectives ».

Les entrepreneurs congolais du secteur des infrastructures et de génie civil, réunis au sein de l'ABC, ont participé à ce débat national pour explorer des voies de sortie et contribuer à l'effort de relever le défi du développement de la RDC. Ils ont formulé des recommandations demandant au gouvernement de booster ce secteur et surtout de faire confiance aux entreprises de construction congolaises pour tout marché public de construction.

S'agissant des infrastructures et dans le cadre de l'appui aux PME, l'ABC propose la création d'un fonds qui faciliterait l'accès aux différentes garanties et aux marchés publics. Par rapport à la loi n°10/010 du 27 avril relative au seuil du marché, ils proposent que le seuil soit amené à 200.000.000$ pour les sociétés congolaises ; faciliter aussi les PME à l'acquisition des équipements et des carrières, c'est-à-dire en allégeant le paiement des taxes à la douane dans l'acquisition des équipements.

L'Alliance sollicite des allègements, notamment le non-paiement de la TVA pendant une certaine période pour que les PME construisent leurs cash-flows et la mise à la disposition des PME des sites et carrières des matériaux de construction.

Concernant les marchés publics, ils insistent sur l'adaptation de la loi sur les marchés publics ainsi que les mesures d'accompagnement pour que cela ne constitue pas une pesanteur pour les entrepreneurs congolais, 10 ans après, il y a des pesanteurs (politiques, mentalités) ; création d'un fonds de garanties pour les entrepreneurs congolais, lequel fonds serait cogéré par l'Etat et les privés. Ce fonds va résoudre deux problèmes, à savoir la question des garanties de soumission et celle relative aux préfinancements.

Innover à la Recherche scientifique

L'État doit élaborer des plans des travaux annuels budgétisés qui ne doivent pas fonctionner sur base des interventions ponctuelles du gouvernement; dépolitiser les travaux publics qui occasionnent des dépenses brusques et surtout des attributions des marchés en dehors des normes ; réduire, sinon lever les exigences en termes de disponibilités.

Les entrepreneurs insistent enfin sur l'organisation des Etats généraux des métiers de la construction, la remise à niveau des écoles de métiers qui existent et la création d'un département de la recherche de nouvelles technologies de construction au sein du ministère de la Recherche scientifique.

C'est à la satisfaction de tous les participants que ce premier-atelier a eu lieu à Kinshasa. Un pari gagné pour l'Alliance des bâtisseurs congolais (ABC) dirigée par le manager général Cédric Lungu Kibal. La cérémonie a donné lieu à la remise des brevets aux participants.

Présent à la cérémonie de clôture, le secrétaire général au ministère des Infrastructures et Travaux publics, il a réitéré la volonté du gouvernement d'accompagner les ingénieurs congolais dans le secteur des infrastructures pour parachever la vision du chef de l'Etat Félix Tshisekedi.

Plus de: Le Potentiel

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