Burkina Faso: Fête de la Tabaski - Les musulmans prient pour la cohésion sociale

La communauté musulmane a célébré la fête de la Tabaski ou « Aid El Kebir », le vendredi 31 juillet 2020. A la place de la Nation à Ouagadougou, la prière a été dirigée par le Cheick Abdallah Ouédraogo, imam de la mosquée de la Patte-d'oie.

Parés de leurs plus beaux habits, les fidèles musulmans ont sacrifié à la tradition de la célébration de la fête de la Tabaski ou « Aid El Kebir ». Et c'est sous une pluie matinale, que les fidèles ont répondu présents à l'appel à la prière, le vendredi 31 juillet 2020 à la place de la Nation de Ouagadougou.

Dans un esprit de cohésion sociale, la communauté musulmane avait à ses côtés sur le lieu de la prière, ses sœurs catholiques, protestantes et le Nonce apostolique venus célébrer ce jour béni.

A celles-ci s'ajoutent les autorités au nombre desquelles, le Mogho Naaba Baongo, le président de l'Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, le ministre de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, Siméon Sawadodo, le ministre de la Sécurité, Ousséni

Les autres communautés religieuses et les autorités administratives ont marqué leur solidarité à travers leur présence à la prière.

Compaoré, le gouverneur de la région du Centre, Sibiri de Issa Ouédraogo et le maire de Ouagadougou, Roland Pierre Armand Béouindé, venus également témoigner leur solidarité.

Prévue pour 9 heures, c'est une vingtaine de minutes après que la prière dirigée par Cheick Abdallah Ouédraogo, imam de la mosquée de la Patte-d'oie, a commencé. Après deux unités de prière, il a, dans son sermon, du haut de la chaire rappelé le bien-fondé de cette fête.

Pour lui, la célébration de l'Aid El Kebir traduit la force de la foi du fidèle musulman à Allah, à travers le sacrifice du mouton, symbolisé par l'épisode où Abraham a accepté de sacrifier, sur l'ordre de Dieu, son fils unique.

Dans ce sens, il a recommandé le partage de la viande entre la famille, les voisins et les personnes nécessiteuses.

L'imam Ouédraogo a également prôné la paix et la cohésion sociale entre les différentes communautés religieuses et coutumières. Il a remercié les autorités pour leur contribution dans ce sens.

A l'endroit des forces de défense et de sécurité, l'imam de la mosquée de la Patte-d'oie, a formulé des bénédictions pour les différentes tâches accomplies au quotidien.

« Nous souhaitons que Dieu nous accorde une bonne pluviométrie, qu'il y ait des élections apaisées. Nous souhaitons une longue vie au Mogho Naaba afin qu'il veille sur le pays des Hommes intègres à travers ses prières », a ajouté l'imam. Après ce sermon, il a procédé à l'immolation du bélier.

Quelques réactions après la prière

Abdramane Sana, président de la communauté musulmane sortant: « Que Dieu ramène les terroristes sur le droit chemin »

« Nous souhaitons, à travers cette prière, que Dieu nous épargne de cette pandémie à coronavirus. Qu'il ramène les terroristes sur le droit chemin afin que nous puissions construire le pays ensemble.

Nous remercions le cardinal Philippe Ouédraogo, le représentant de la communauté protestante et le Nonce apostolique qui nous témoignent chaque année, leur fraternité à travers leur présence à nos côtés. Ce signe est la traduction d'une cohésion sociale entre les communautés religieuses ».

Siméon Sawadogo, ministre de l'Adminitration territoriale: « Nous espérons que les prières seront exaucées »

« C'est un message d'espoir au nom du gouvernement que nous apportons. Chaque année, l'exécutif fait un effort pour être à côté des religions. Aujourd'hui, nous sommes particulièrement avec les musulmans.

A travers la présence des membres du gouvernement, c'est pour témoigner aux musulmans qui sont à Bobo-Dioulasso, Orodara et à Diapangou etc., que nous suivons avec intérêt, leurs prières, leur espoir pour que notre pays ait la paix.

Que nous puissions sortir de cette situation sanitaire difficile et travailler pour le développement du pays. Nous savons que toutes les confessions religieuses sont des religions de paix et de cohésion sociale.

Elles œuvrent pour notre vivre ensemble. Nous espérons que les prières seront exaucées pour le mieux-être du Burkina Faso ».

Le cardinal Philippe Ouédraogo: « Le prêche de l'imam m'a beaucoup touché »

« La présence des chrétiens à la fête de la Tabaski traduit un signe de fraternité et d'amitié. Ce que les musulmans commémorent, c'est le sacrifice d'Abraham. Pour les chrétiens comme pour les musulmans, Abraham, c'est le père des croyants.

Il a obéi à Dieu jusqu'à offrir son fils. Les musulmans disent qu'il a offert Ismaël, nous disons que c'est Isaac, mais c'est le même sacrifice. Il laisse une grande leçon à tous les croyants du monde entier, c'est-à-dire l'obéissance à Dieu et vivre selon la volonté de Dieu.

Le prêche de l'imam m'a beaucoup touché. Il a insisté sur la paix, la cohésion sociale et notre vivre-ensemble. C'est un message très fort.

Nous souhaitons que cette fête fortifie notre union, entre croyants, entre citoyens, pour une société réconciliée dans la justice et dans la paix véritable et durable.»

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