Burkina Faso: Lancement du mouvement SENS - Et Me Kam se jeta dans le bain politique

Avocat et ancien porte-parole du Balai Citoyen, Guy Hervé Kam vient de faire un grand plongeon dans le marigot politique burkinabè. Il a été porté à la tête du mouvement SENS, acronyme de « Servir et non se servir », qui ambitionne de « faire la politique autrement ».

Ce mouvement, qui a lancé officiellement ses activités le 2 août 2020 à Ouagadougou, va présenter une liste d'indépendants aux élections législatives du 22 novembre prochain.

Que de supputations sur ceux qui « se cachaient » derrière SENS ! Si le nom du principal initiateur, Me Guy Hervé Kam, avait vite échappé, ce n'était pas le cas des autres membres du nouveau parti politique. Tout juste savions-nous que le célèbre avocat avait autour de lui des personnalités et des intellectuels issus du milieu universitaire, de la société civile, des médias, etc.

On en a désormais une idée plus précise avec la mise en route du mouvement, qui a lieu au Centre cardinal Paul Zoungrana même si, coronavirus oblige, il n'était pas toujours aisé de mettre des noms sur les visages, couverts de masques.

Outre Me Kam, le coordonnateur national, on retrouve dans la direction du parti l'ancienne directrice de l'Institut des sciences et techniques de l'information et de la communication, le Dr Aïcha Tamboura, et le professeur Somet Yoporeka, considéré comme le premier égyptologue burkinabè.

Pour le reste, la coordination nationale de SENS, forte d'une dizaine de membres en tout, n'est pas composée de personnes forcément connues et brille par sa jeunesse, à l'image du coordonnateur national adjoint, Abdoul Maïga, un étudiant en médecine qui n'a pas encore soufflé sa trentième bougie.

On a pu apercevoir également au four et au moulin le coordonnateur du Centre national de presse Norbert Zongo, Abdoulaye Diallo.

Mais il y a fort à parier que dans les jours à venir, d'autres figures sortiront du bois. Des politiciens non professionnels qui, selon Me Guy Hervé Kam, vont désormais descendre dans l'arène politique pour porter les aspirations et les espoirs de ceux qui en ont marre de la classe politique actuelle, abonnée à la prédation.

« Nous sommes résolus à donner à l'engagement politique son sens noble et originel : servir et non se servir », a affirmé l'homme de droit pour qui les leaders politiques n'ont compris ni le sens ni la portée du message de l'insurrection populaire, à savoir le désir de changement véritable.

L'essence de SENS est donc de « rassembler tous les Burkinabè qui restent bien souvent à l'écart de la politique parce qu'elle est sale pour que leur voix soit désormais entendue dans les instances de décision de notre pays. »

Le regroupement, qui s'inspire de modèles comme Thomas Sankara, Joseph Ki-Zerbo et Nelson Mandela, va donc, a-t-il annoncé, présenter dans l'ensemble des 45 provinces des candidats indépendants qui « jouissent déjà d'une légitimité dans leur communauté ».

Par contre concernant la présidentielle, le nouveau parti entend rester neutre en ne présentant aucun candidat et en ne soutenant aucun de ceux qui vont s'aligner pour la course à Kosyam : « Nous estimons que, pour l'instant, notre ambition n'est pas de prendre le pouvoir pour le pouvoir.

Notre ambition est de servir notre pays, mais dans cette démarche de construction, nous ne sommes pas encore convaincus que nous devons mettre la toiture de la maison avant la fondation », a expliqué le coordonnateur national de SENS.

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