Maroc: Cas confirmés, cas graves et décès en nette augmentation

Des records dont on se passerait volontiers

Il n'en reste pas moins que le Maroc est toujours un pays sûr pour l'UE

Il fut un temps où les autorités sanitaires du pays étaient fières du travail accompli. Aujourd'hui, elles constatent avec effarement qu'elles étaient allées un peu trop vite en besogne. Qu'elles avaient vendu la peau de l'ours avant de l'avoir tué. C'est le sentiment laissé par la volte-face du ministère de la Santé en termes de communication. Après s'être félicité il y a quelques semaines d'une gestion idoine de l'épidémie, Khalid Aït Taleb, le ministre de tutelle, a changé de ton. Son discours est plus que jamais alarmant après avoir longtemps été rassurant.

« L'évolution de la situation épidémiologique est inquiétante. Le bilan des contaminations en une semaine dépasse ce qui a été enregistré en quatre mois », a-t-il fait savoir, il y a quelque temps, le teint livide. Les jours suivant cette intervention lui ont encore plus donné raison avec des records de contaminations et de décès. Vendredi à 17h, 1.063 nouveaux cas confirmés ont été enregistrés, soit un nouveau record après les 1046 de la veille. Hier, les nouveaux cas n'ont pas atteint des sommets (693) contrairement au nombre de personnes décédés (14) portant le total à 367, alors que les cas actifs ont explosé à hauteur de 6688 cas.

Si les guérisons représentent une lueur d'espoir dans ce sombre océan de désespoir, avec 302 guérisons (17.960 au total), la hausse des cas graves est un indicateur à surveiller de très près. Selon le ministère de la Santé, les cas graves sont l'indicateur réel de la gravité de la situation. Donc, en comptant 88 cas, dont 25 dans la région de Casablanca (8 sous respirateur), 25 à Tanger-Tétouan Al Hoceima (un sous respirateur), 19 à Marrakech-Safi et 10 à Fès-Meknès, sans Rabat-Salé-Kénitra (7 cas dont 3 sous respirateur), on peut affirmer que la situation est préoccupante et s'aggrave de jour en jour. Et cela ne risque malheureusement pas de s'estomper de sitôt.

Une population qui méprise le virus

Car l'attitude de la population marocaine tranche avec l'évolution de la situation épidémique. Maintenant que le taux de reproduction est de plus en plus élevé, on aurait pu croire que la vigilance et le civisme des citoyens n'en seraient que plus grands. Que nenni, les mesures préventives, le port du masque et les gestes barrières sont méprisés par la majorité des citoyennes et citoyens. A tel point que cela confine à de la défiance envers le Sars-Cov-2.

Un sentiment de défiance démultiplié et renforcé par l'absence de sanctions pour non-port du masque. Or, au rythme où vont les choses, un scénario à l'italienne n'est plus aussi saugrenue surtout que les capacités litières seraient presque au complet. On s'achemine de toute évidence vers une catastrophe dont nous serions les responsables. On n'est pas loin de l'autoflagellation là. Même si pour l'Union européenne, le Maroc est encore un pays sûr.

L'UE pas plus inquiète que cela

En effet, l'UE a décidé de maintenir le Royaume dans sa liste des pays tiers pour lesquels elle recommande une levée des restrictions de voyage. « A compter du 31 juillet, les Etats membres devraient progressivement lever les restrictions de déplacement aux frontières extérieures pour les résidents des pays tiers suivants: l'Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l'Uruguay, en plus de la Chine, sous réserve de l'application de la réciprocité », a précisé le Conseil de l'UE dans un communiqué. Les étudiants marocains à l'étranger sont certainement soulagés, mais pour combien de temps encore l'UE maintiendra cette décision ? On en saura plus dans une dizaine de jours.

Une épidémie qui risque de durer

Du côté de l'Organisation mondiale de la santé, on est un peu plus tourmenté que l'UE. L'organisation onusienne dont la crédibilité a été mise à mal par le nouveau coronavirus « a souligné que la durée de l'épidémie allait certainement être très longue ». Elle a également ajouté par le biais d'un communiqué que « le risque que fait peser le Covid-19 est très élevé » d'autant que les zones d'ombre que comporte le portrait du virus sont encore trop grandes, d'où les recommandations de l'OMS quant à l'accélération des recherches sur les points encore inconnus du virus, notamment son origine animale et ses éventuels moyens de propagation par voie animale, ou encore l'immunité et les corrélats de protection.

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