Congo-Kinshasa: Allo CENAREF... il y a beaucoup d'argent à récupérer!

La fin de l'état d'urgence sanitaire qui était décrété pour lutter contre la pandémie de la Covid-19 a mis le Gouvernement de la République devant un tableau économique et social très sombre : l'économie est paralysée, les caisses sonnent creux et des revendications socio-économiques fusent de partout.

Cette situation qui exige de toutes les institutions et organes de l'Etat non seulement un comportement citoyen, mais aussi et surtout une stratégie pour permettre la survie de la communauté nationale en innovant dans la gestion et en permettant à au Trésor public de recouvrer tout ce qui lui est dû. L'impression laissée par la gestion des autorités congolaises dans le passé heurte toute redevabilité vis-à-vis de la population congolaise. C'est ici que la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) est appelée particulièrement à justifier son existence en jouant absolument son rôle.

Conçue par le Chef de l'Etat comme un instrument devant permettre à la République d'avoir tous les renseignements nécessaires pour lutter contre les vols et coulages des recettes publiques - pratiques officiellement institués sur décret par un Premier ministre du Régime passé et qui, actuellement, se permet de donner des leçons de bonne gestion à la ronde - la CENAREF est obligée actuellement d'avoir de l'audace et d'imaginer une stratégie offensive pour espérer réussir sa lourde mission. Devant des allégations de pléthore d'effectifs dans l'administration publique, de détournement de fonds ou des «rétro commissions» dont souffrent tous les ministères et le Service de contrôle et de paie des enseignants (SECOPE), il faut vraiment du courage et de l'imagination pour attraper ces prédateurs qui se camouflent partout, sans omettre le Parlement, l'Armée et la Police.

Un frein à la «gratuité de l'éducation de base» et à l'amélioration des conditions socio-économiques des fonctionnaires

En outre, CENAREF doit avoir à l'esprit que la corruption gangrène les rouages des services de l'Etat. C'est la seule explication pour expliquer le fait que malgré des dizaines des missions de contrôle des effectifs des agents et fonctionnaires, missions effectuées à la Fonction publique et au Secope - aussi bien à Kinshasa qu'en provinces en collaboration avec des syndicats et des services attitrés - les effectifs pléthoriques persistent dans les ministères et services publics, y compris des enseignants et écoles fictifs.

Cela est pertinent particulièrement lorsqu'on observe la manière dont les institutions, services et sont organes de l'Etat gérés et le sont parfois jusqu'à présent par certains mandataires et responsables. Ils utilisent des fonds publics comme leurs biens privés. A chaque changement de gouvernement, des ministres et de mandataires publics, embauchent à volonté, au-delà des besoins réels des services. Dans des tels cas, on comprend qu'une nomination ou promotion dans une institution publique est bruyamment fêtée parce qu'elle est l'occasion d'engager tous les sans-emplois de la famille.

Aussi longtemps que cette maffia continuera à œuvrer calmement au sein des services de l'Etat, une partie importante des recettes publiques échapperont au Trésor. Il sera donc impossible de poursuivre l'action de la riposte contre la Covid-19 ; de construire des nouvelles infrastructures scolaires et sanitaires ; d'investir dans l'industrie pour créer des emplois ; d'améliorer les conditions des enseignants, agents et fonctionnaires de l'Etat. Même la politique de la 'gratuité de l'éducation de base' ne restera qu'un pieux slogan. Le CENAREF est appelée à retrouver cette masse de liquidités qui s'évanouissent dans les méandres des services publics et secourir l'Etat congolais dans cette lutte sournoise et impitoyable que livrent ces prédateurs contre la communauté nationale. RSK

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