Congo-Kinshasa: Conflit frontalier RDC-Zambie - La ministre Marie Tumba Nzeza vante les vertus de la diplomatie et du dialogue

Pour la patronne des Affaires étrangères congolaises, insufflé par le chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, la diplomatie reste la première voie de sortie que la RDC va exploiter dans ses relations avec ses voisins, avant d'en envisager une autre.

Le retrait des troupes zambiennes du territoire de la République démocratique du Congo (RDC) est devenu effectif depuis le debut du week-end dernier, après plusieurs mois d'alerte sur leur présence sur le sol congolais. Après le recouvrement des limites de ses frontières par la RDC, qui s'est fait sur la base des négociations, la patronne des Affaires étrangères congolaises, la ministre Marie Tumba Nzeza, donne de la lumière sur la vision du gouvernement dans ce secteur. Quels sont les moyens utilisés? Quelle attitude la RDC adopte-t-elle vis-à-vis de ce pays voisin ? La RDC va-t-elle utiliser les mêmes voies pour faire taire les armes dans les autres fronts qui la mettent en conflit avec ses voisins ? La ministre des Affaires étrangères s'est montrée très positive et déterminée à utiliser la même méthode dans les différents différends qui opposent et qui opposeront la RDC à ses voisins.

Saluant le dévolu jeté sur sa personne, en tant que ministre des Affaires étrangères, par le président de la République, pour conduire les différentes délégations dans ce conflit frontalier entre la Zambie et la RDC, Marie Tumba Nzeza a dit croire que c'était un signal fort pour le chef de l'Etat pour montrer qu'il privilégie la diplomatie. « Nous avons été en Zambie, nous avons montré nos cartes, nous avons donné nos arguments. Et comme cela continuait et que comme cela ne suffisait pas, malgré ce que nous nous disions entre nous (la Zambie et la RDC), nous avons été voir le président du Zimbabwe, qui a été à la tête de la troïka de la Sadc, pour pouvoir soumettre le même problème et demander l'intervention de cette organisation sous-régionale, pour en finir avec ce problème. Et, c'est ce qui a été fait », a expliqué la ministre.

Pour la ministre Tumba, par ailleurs, les deux pays en conflit auront plus gagné dans la voie choisie par la RDC que si cette dernière l'en avait adopté une autre. « Nous avons mené cette diplomatie et cela nous a donné des résultats positifs. Je crois que dans le monde actuel, dans le monde moderne et civilisé, le président a eu raison d'utiliser le dialogue, la diplomatie, pour pouvoir résoudre ce genre de problèmes. Mais je crois encore une fois, étant donné que les relations entre pays sont fondées par les intérêts et d'autres considérations, que l'intérêt de la RDC et celui de la Zambie sont que nous continuons nos relations et que nous les améliorons même. Parce que plus nous aurons des relations économiques fructueuses pour les deux parties, moins nous aurons tendance à nous faire la guerre pour un sujet ou un autre », a-t-elle souligné.

Donc, a-t-il conclu ce chapitre, nous allons certainement continuer et améliorer nos relations économiques. Pour la ministre, cette option n'empêche, cependant, pas la RDC d'être vigilante par rapport à ses frontières. « Nous allons, nous aussi, accroître notre vigilance pour que nos frontières soient intangibles, pour qu'elles ne puissent pas être touchées par qui que ce soit de nos voisins », a-t-elle averti.

Notant que la voie choisie par le président de la République, celle du dialogue, de la diplomatie, a donné des résultats escomptés, la ministre des Affaires étrangères a indiqué que cette voie sera la première à prôner dans tous les autres différends entre la RDC et ses voisins. « Il est évident que nous allons utiliser les mêmes voies, puisque nous les avons utilisées pour notre différend avec la Zambie et que nous avons réussi. Donc, nous allons les utiliser pour tous les neuf Etats frontaliers avec notre pays. Et nous pensons que dans un monde civilisé, il faut toujours passer d'abord par le dialogue. C'est quand ce dernier a échoué que l'on peut envisager à faire autrement. Nous avons réussi avec le dialogue et, le président de la République avait lui-même commencé avec le dialogue lorsqu'il a pris le pouvoir et il a réussi. Nous sommes sur ses traces et nous sommes en train de démontrer non seulement à notre peuple mais également au monde entier qu'avec le dialogue, on peut résoudre ce qui semble difficile par d'autres moyens », a insisté la ministre.

Il est, en effet, rappelé que a délégation interinstitutionnelle d'experts congolais a obtenu, après d'âpres négociations, le retrait des troupes zambiennes de localités de Lubamba et de Kalubamba, le long des frontières des deux pays, entre les lacs Tanganyika et Moero, au sud-est de la RDC. Rentrée à Kinshasa, le soir du vendredi 31 juillet, le directeur chef de service chargé de l'Afrique et du Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères, chef de la délégation, a déclaré à sa descente d'avion à l'aéroport de N'djili : « Le chef de l'Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, pouvait choisir l'option militaire mais il a privilégié les voies pacifiques et diplomatiques, alors que l'armée zambienne avait occupé ce territoire de trois mille habitants pendant quatre mois, faisant fuir la population ». Pendant que la délégation congolaise regagnait Kinshasa, les troupes zambiennes qui avaient déjà renforcé les positions en armes et en effectifs, avaient déjà amorcé le processus de retrait, lequel devait se terminer depuis jeudi dernier, selon le délai de sept jours exigé par la Sadc. Pour le chef de la délégation, des dispositions ont été prises pour que les services de défense et de sécurité puissent vérifier sur le terrain l'effectivité de ce retrait, au terme de la mission d'experts interministériels.

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