Afrique: Allocution liminaire du Directeur général de l'OMS au point presse sur la Covid-19 - 1 août 2020

document

Bonjour, bon après-midi ou bonsoir.

Le Comité d'urgence concernant la COVID-19 s'est réuni vendredi et a examiné la situation actuelle de la pandémie.

Cette réunion, qui s'est tenue six mois après que le Comité a estimé que l'épidémie constituait une urgence de santé publique de portée internationale, ce dont j'avais convenu, n'incitait pas à l'optimisme.

Le 30 janvier, il y avait moins de 100 cas et aucun décès en dehors de la Chine.

Lorsque le Comité s'est réuni il y a trois mois, trois millions de cas de COVID-19, dont plus de 200 000 mortels, avaient été notifiés à l'OMS.

Depuis lors, le nombre de cas a plus que quintuplé pour atteindre 17,5 millions, et le nombre de décès a plus que triplé, pour atteindre 680 000.

Le Comité a noté que la COVID-19 avait non seulement des conséquences directes mais aussi un impact sur plusieurs autres maladies en raison de la perturbation des services.

Cela aggrave la situation que nous connaissons déjà s'agissant de la couverture vaccinale, du dépistage et de la prise en charge des cancers et des services de santé mentale.

Une enquête menée dans 103 pays entre la mi-mai et le début juillet a montré que 67 % des pays signalaient que les services de planification familiale et de contraception étaient perturbés.

Plus de la moitié des pays ont rapporté des perturbations des services de soins prénatals et plus d'un tiers des pays ont signalé des perturbations des services d'accouchement.

En plus des conséquences sanitaires, nous avons constaté que la COVID-19 avait des conséquences néfastes sur les plans social, économique et politique.

Le Comité a présenté un certain nombre de recommandations que les pays doivent continuer à mettre en œuvre pour maîtriser le virus, allant du partage des meilleures pratiques au renforcement de l'engagement et le leadership politiques à l'égard des stratégies nationales et des interventions locales fondées sur des éléments scientifiques, des données et l'expérience.

Des études sérologiques nous ont appris que la plupart des personnes sont toujours sensibles à ce virus, même dans les zones où il y a eu des flambées de grande ampleur.

Au cours de la semaine écoulée, nous avons constaté que plusieurs pays où le pire semblait être passé étaient de nouveau aux prises une augmentation du nombre de cas.

Cependant, nous avons également constaté que certains pays, régions ou localités où le nombre de cas avait été élevé maîtrisaient maintenant la flambée.

Bien entendu, ce n'est pas facile. Des mesures strictes peuvent poser des problèmes pour la prestation des services de santé essentiels, pour l'économie et pour l'ensemble de la société.

Le Comité a reconnu que les États Membres devaient faire des choix difficiles pour renverser le cours de l'épidémie.

Mais il a aussi constaté clairement que lorsque les dirigeants s'engagent et collaborent étroitement avec la population, cette maladie peut être maîtrisée.

Nous en apprenons chaque jour davantage sur ce virus et je suis heureux que le monde ait fait des progrès dans l'identification de traitements susceptibles d'aider les personnes atteintes des formes les plus graves de COVID-19 à guérir.

Le Comité a recommandé aux pays de participer au dispositif pour accélérer l'accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (accélérateur ACT), de prendre part à des essais cliniques pertinents et de préparer l'introduction de vaccins et de traitements sûrs et efficaces.

Les essais cliniques de phase III ont maintenant commencé pour un certain nombre de vaccins et nous espérons tous disposer de plusieurs vaccins pour prévenir l'infection.

Cependant, il n'y a pas de solution miracle pour le moment et il pourrait ne jamais y en avoir.

Pour l'instant, pour enrayer les flambées, il faut appliquer les bases de la santé publique et de la lutte contre les maladies.

Tester, isoler et traiter les patients, et rechercher et placer en quarantaine leurs contacts. Faites tout cela.

Informer et écouter les communautés, et leur donner les moyens d'agir. Faites tout cela.

Les personnes doivent garder leurs distances, porter un masque, se laver les mains régulièrement et tousser loin des autres pour éviter tout risque. Faites tout cela.

Le message aux particuliers et aux gouvernements est clair : il faut faire tout cela.

Et quand l'épidémie est maîtrisée, il faut continuer !

Continuer à renforcer le système santé.

Continuer à améliorer la surveillance, à rechercher les contacts et à rétablir au plus vite les services de santé perturbés.

Continuer à appliquer les mesures de protection et de surveillance, car la levée trop rapide des restrictions peut entraîner une résurgence.

Continuer à investir dans les personnel, à communiquer et à collaborer avec les communautés.

Nous avons constaté partout dans le monde qu'il n'est jamais trop tard pour renverser le cours de cette pandémie.

Si nous agissons ensemble aujourd'hui, nous pouvons sauver des vies et préserver des moyens de subsistance.

Cette semaine, nous lançons également le « défi du masque » avec des partenaires du monde entier et nous invitons les gens à se prendre en photo avec un masque et à nous envoyer les clichés.

Le port du masque est l'un des principaux moyens de faire barrage au virus mais c'est aussi devenu un geste de solidarité.

Comme pour les défis Safe Hands (« Entre de bonnes mains ») et Healthy-at-Home (« Restons en bonne santé chez nous »), nous allons diffuser d'autres messages positifs sur le rôle que chacun doit jouer pour briser les chaînes de transmission.

Si vous êtes soignant ou intervenant en première ligne, où que vous vous trouviez, faites preuve de solidarité en suivant les orientations nationales et en portant un masque - quand vous prenez en charge des patients ou des proches, quand vous empruntez les transports en commun pour aller travailler ou quand vous réceptionnez des fournitures essentielles.

Je porte en permanence sur moi non seulement un flacon de solution hydroalcoolique mais aussi un masque, que je mets quand je suis dans des endroits très fréquentés.

En portant un masque, vous montrez clairement à ceux qui vous entourent que cette épidémie nous concerne tous.

Portez un masque quand il le faut, gardez vos distances avec les autres et évitez les endroits très fréquentés, respectez les règles d'hygiène quand vous toussez, lavez-vous fréquemment les mains, pour vous protéger et protéger les autres.

Faites tout cela !

L'une des questions que nous continuons à étudier est l'origine du virus de la COVID-19.

L'équipe de reconnaissance de l'OMS qui s'est rendue en Chine a maintenant terminé de jeter les bases de nouveaux efforts conjoints pour identifier les origines du virus.

Grâce à ces efforts, des experts de l'OMS et de la Chine ont rédigé le mandat relatif aux études et au programme de travail d'une équipe internationale, dirigée par l'OMS.

L'équipe internationale comprendra des scientifiques et des chercheurs de premier plan de Chine et du monde entier.

Des études épidémiologiques débuteront à Wuhan pour identifier la source potentielle d'infection des premiers cas.

Les données factuelles obtenues et les hypothèses formulées à l'issue de ces travaux serviront à mener des études plus poussées, à plus long terme.

Enfin, nous célébrons cette semaine la Semaine mondiale de l'allaitement maternel. Comme nous l'avons constaté de très nombreuses fois, les mesures de santé publique habituelles sont souvent les plus efficaces et nous réitérons l'importance vitale de l'allaitement maternel pour les nourrissons et les familles.

Dans le contexte de la COVID-19, surtout lorsque les services de santé sont perturbés, l'OMS recommande d'encourager les mères chez qui la COVID-19 est suspectée ou confirmée, comme toutes les autres mères, à commencer ou à continuer à allaiter.

Il faut indiquer aux mères que les nombreux avantages de l'allaitement maternel pour les nouveau-nés et les enfants l'emportent largement sur les risques potentiels d'infection par la COVID-19.

Il faut faire en sorte que les mères et les nourrissons puissent rester ensemble dans la même chambre tout au long de la journée et de la nuit et pratiquer le contact peau à peau, y compris la méthode « mère kangourou », en particulier immédiatement après la naissance et pendant la mise en place de l'allaitement, qu'ils présentent ou non une COVID-19 présumée ou confirmée.

Je vous remercie.

Plus de: WHO

à lire

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.