Afrique Centrale: Boko Haram - Les failles dont profite ce groupe armé

António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies

Entre jeudi et dimanche, le Tchad, le Nigeria et le Cameroun ont encore été frappés par Boko Haram. Ces Etats devraient travailler ensemble, estime un expert d'ICG.

"Ce qu'il est en train de se passer dans le nord-ouest et le centre-nord (du Nigeria) est très, très préoccupant", a laissé entendre le président du Nigeria, Muhammadu Buhari. Arrivé au pouvoir en 2015, il avait déclaré que Boko Haram était "on the Back Foot", ce qui veut dire "près de la défaite", rappelle le chercheur Richard Moncrieff, chargé de l'Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG).

"Il voit maintenant que l'ennemi est très difficile à trouver, très difficile à affronter", analyse-t-il.

"Peut mieux faire"

Dans une rare interview à la télévision nationale nigériane, le chef de l'Etat a reconnu que d'après ce qu'il lisait dans les rapports de la police nationale, de l'armée et des autres agences de sécurité, celles-ci "pourraient faire beaucoup mieux".

Pour Richard Moncrieff, "C'est assez remarquable que le Chef de l'Etat tienne de tels propos. Il vient de l'armée et il se garde de critiquer l'armée mais il sait que l'armée dans l'Etat du Borno n'a pas donné de bons résultats".

Récemment, l'armée nigériane s'est retranchée dans de grandes garnisons pour se rendre moins vulnérables aux actions de Boko Haram, mais cette stratégie a libéré de fait, du territoire aux djihadistes qui en profitent, augmentant la déception de la population de Borno, selon Richard Moncrieff.

L'expert affirme que Boko Haram s'est éclaté en plusieurs ailes et que les combattants circulent dans la zone frontalière, ce qui explique des attaques récentes au Cameroun, au Nigeria et au Tchad.

Manque de coordination

Entre jeudi et dimanche (du 30.07. au 02.08.20), des attaques ont en effet été signalées dans l'extrême nord du Cameroun, dans le nord du Nigeria et dans l'ouest du Tchad. Boko Haram a fait de cette région bordant le Lac Tchad, sa principale zone de repli. Les pays de la région ont certes mis en place une action militaire conjointe mais celle-ci manque de coordination.

En avril, le Tchad a annoncé la fin de son opération "colère de Boma" et la neutralisation d'un millier de combattants ennemis. Mais d'après Richard Moncrieff de l'ICG, "s'il n'y a pas de coordination, cela ne va pas durer".

Plus de: DW

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