Madagascar: Les kilomètres à pieds, ça use !

« Les entreprises privées peuvent reprendre leurs activités mais doivent assurer à leurs employés des moyens de transport, et s'assurer du bon respect de toutes les mesures-barrière ». Telle a été, entre autres, la mesure annoncée il y a plus d'une semaine à l'endroit des entreprises privées, lors de l'entretien télévisée du Premier ministre, le 26 juillet 2020, à propos du maintien de l'état d'urgence sanitaire. Mais à y voir de plus près, rien - ou presque - sur cette mesure n'a été appliquée dans de nombreuses entreprises privées.

Les kilomètres à pieds, ça use !

Car la mesure en question, notamment le volet transport du personnel et la distanciation physique dans les lieux de travail, est tout sauf la réalité dans nombre d'entreprises qui ont repris leurs activités. Il arrive que les gels hydro-alcooliques sont coupés avec de l'eau, les rendant totalement inutiles, voire dangereux, car ils perdent toute leur capacité de désinfection.

Des locaux peu aérés continuent d'abriter de nombreux salariés sans respect de la distanciation sociale. Point de moyen de locomotion pour les employés. Et faute de transport en commun, les salariés sont contraints de devenir de bons marcheurs et parcourir à pied les trajets du domicile vers le lieu de travail, aller et retour.

Au moins, ceci a le mérite de faire de l'exercice physique. Seulement, les kilomètres s'accumulent très vite, quand le salarié habite loin de son lieu de travail et doit effectuer le trajet deux fois par jour, cinq ou six jours par semaine, alors que l'alimentation est loin d'être équilibrée.

Bref, la mesure est tout simplement ignorée. Peut-être, comme les entreprises ont été, elles aussi, ignorées quand elles ont espéré une aide urgente pour faire face aux contrecoups de la crise sanitaire. Quoi qu'il en soit, les entreprises tentent de se remettre sur les rails même si, visiblement, du moins pour la majorité d'entre elles, les affaires ne marchent pas. Les salariés, eux, n'ont d'autres choix que de... marcher !

En dépit des réductions de salaires et de la forte dégradation de leurs conditions de travail, toujours à cause de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques, les travailleurs sont pieds et poings liés. « Encore heureux qu'ils n'aient pas été victimes de chômage technique ! », lance-t-on à l'endroit de ces « privilégiés ».

Des privilégiés qui marchent sur des kilomètres, au risque d'arriver à la maison, fourbus de fatigue après une (demi) journée de travail. Car on sait bien, en plus du travail, les kilomètres à pieds, ça use, ça use !

Plus de: Midi Madagasikara

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