Madagascar: Tonneaux des danaïdes

Une pluie de dollars s'abat sur le pays. En une semaine, pas moins de 200 millions sont tombés dans l'escarcelle de l'État malgache. 36,85 de la part de la Banque africaine pour le développement, BAD. Et 171, 9 venant du Fonds monétaire international, FMI, moins intransigeant qu'à l'accoutumée.

Ces deux dotations aux provisions, si l'on peut les qualifier ainsi, devront être allouées pour renforcer la stratégie de riposte contre l'avancée meurtrière du coronavirus. Qui, en tuant certaines de ses victimes, asphyxie aussi au passage les activités économiques. Mettant en péril la vie et l'existence de nombreuses personnes non-contaminées.

En imposant à la population mondiale des mesures restrictives afin d'éviter un désastre humanitaire. Même les présidents considérés comme les plus puissants de la planète ont été soumis au diktat de la Covid-19. Andry Rajoelina, n'y échappe pas. Sans hisser le drapeau blanc, il accepte de s'en accommoder. Avec les faibles moyens à sa disposition.

D'où la nécessité de ces aides précieuses des partenaires financiers. Pour le FMI, c'est bien connu, cet appui offert, sans que le gouvernement de Madagascar ait pu conclure un nouveau programme, sous le format Facilité élargie de crédit, FEC, obtenue par le régime HVM pour un montant total de 310 millions de dollars, devrait servir au rétablissement de l'équilibre la balance de paiements. Au moment même où l'ariary n'a plus aucune valeur vis-à-vis de l'euro et du dollar au Marché interbancaire de devises, MID.

La volonté du ministère de l'Économie et des finances, MEF, à jouer la carte de la transparence, en publiant les tableaux de répartition, plus ou moins détaillés, des « magots » amassés depuis le début de la crise sanitaire, aurait pu convaincre les teigneux membres du Conseil d'administration du FMI, à activer pour la seconde fois en quatre mois, le mécanisme de la Facilité de crédit rapide, FCR, en faveur de Madagascar.

Des membres de la société civile et des opposants, soupçonnant des détournements de fonds et des malversations financières, sans apporter la moindre preuve, ont toujours exigé la présentation des pièces justificatives par le gouvernement sur l'utilisation de ces générosités tombées du ciel. Sont-ils satisfaits des explications fournies par le MEF? Belliqueux comme ils sont, ils vont encore chercher midi à quatorze heures.

Ceci étant, et au-delà des complications de la gestion de l'actuelle crise socio-économique, une question essentielle doit être posée. Quid de l'efficacité des remèdes et des thérapies des philanthropes pour venir à bout de la misère?

Il y eut le PAS (Programme d'ajustement structurel), puis le DCPE (Document cadre de poli tique économique), ensuite le DSRP (Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté), après par le MAP (Madagascar action plan) et enfin la FEC. Des pilules amères édulcorées par des lignes consistantes de crédit en millions de dollars. La pauvreté n'a pas pour autant disparu de la circulation. Pire, elle a pignon sur rue. Alors, de l'argent jeté à la fenêtre ou donné à un « État prodigue »?

Plus de: L'Express de Madagascar

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