Madagascar: Crise sanitaire - Le dialogue public-privé s'étiole

Des emplois perdus et le dialogue social permanent attendu. La détresse respiratoire continue à affecter la santé des entreprises privées en divorce avec une partie de leurs personnels à cause de l'impossibilité de payer les salaires. Ce mois qui commence, génère une absence de revenus perceptibles pour des travailleurs qui viennent juste de perdre leurs emplois. « Effectivement, des résiliations de contrat de travail ont eu lieu à la fin du mois de juillet. Il y a eu également un renouvellement du chômage technique dans d'autres cas », indique le patron d'un cabinet spécialisé en stratégie RH pour les entreprises.

Pour la conférence des travailleurs de Madagascar ou CTM, la situation devient inquiétante. Son président, Rémi Botoudi Henri, parle de « la révocation de six milliers de travailleurs à cause de la fermeture de deux entreprises il y a deux semaines passées ». La crise humanitaire plane sur la population active comptant déjà des travailleurs dépouillés de leurs revenus depuis le mois de mars, en raison de la guerre contre le coronavirus.

Catastrophe imminente

L'État a rejeté l'octroi de subventions aux travailleurs en chômage dont le nombre augmente. Interrogé par rapport à ce problème, le président du Groupement du patronat malagasy ou Fivmpama, Andrianavalomanana Razafiarison parle « d'une nécessaire relance de la discussion entre le secteur privé et les autorités, la mise en place de commissions pour concrétiser les résolutions prises est également requise». Pour le Groupement des entreprises de Madagascar ou GEM, son président Thierry Rajaona déplore « l'absence de suites au dialogue entamé en juin dans le contexte actuel de la crise sanitaire ».

« La crise nécessite une adaptation. Il faut déterminer une reprise totale des activités en fonction des secteurs. Les gens doivent travailler pour survivre. Si l'État se refuse de verser des indemnités aux personnes mises au chômage, il doit appuyer les entreprises à stabiliser leurs moyens pour conserver le capital humain en levant progressivement toutes les restrictions », alerte Nirihaja Ratsimbaharimanantsoa, président du Syndicat patronal malagasy ou Spam. Les individus au chômage ou licenciés attendent beaucoup de l'issue d'un dialogue public-privé, auquel sont astreints les pouvoirs publics au sens du décret 2015-915.

Ce cadre réglementaire prévoit une rencontre entre le Chef de l'État et les représentants du secteur privé deux fois par an, dont la dernière en date a eu lieu formellement le 20 décembre, à huit clos au palais d'État d'Iavoloha. À ce même endroit, s'est tenu un face-à-face spécial entre les dirigeants politiques et les leaders des groupements économiques le 17 juin dernier, à l'initiative personnelle du Président Andry Rajoelina. Cela après que le Chef de l'État ait affirmé être au courant « des appels de détresse des opérateurs économiques ».Récemment en visite dans l'île de Nosy-Be, le Chef de l'État a avoué aux opérateurs locaux, « sa volonté de relancer le tourisme ».

Pour les entrepreneurs et entreprises du secteur privé, notamment dans la capitale, le confinement adopté en pleine période de crise sanitaire a fait disparaître la majorité de la clientèle et des consommateurs de la production. Cette situation conduit à une perte continuelle de recettes justifiant l'impossibilité de s'acquitter des charges, surtout celles liées au personnel, d'où le recours au licenciement économique qui s'amorce.

Plus de: L'Express de Madagascar

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