Burkina Faso: Fermeture des frontières aériennes - Plus de 2400 Burkinabè rapatriés

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry a fait, le lundi 3 août 2020, le bilan des actions entreprises par son département, dans le cadre du rapatriement des Burkinabè bloqués à l'étranger du fait de la COVID-19.

Si depuis le 1er août 2020, les frontières aériennes sont rouvertes permettant ainsi aux Burkinabè d'aller et venir selon leur bon vouloir, il n'en a pas toujours été ainsi surtout pendant la période de confinement.

En effet, à la suite de la fermeture des aéroports, le 21 mars dernier pour cause de COVID-19, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, en tant qu'interface entre le Burkina Faso et le reste du monde, a dû « batailler dur » afin de permettre aux compatriotes bloqués à l'extérieur de regagner leur pays.

Le premier responsable du département, Alpha Barry, face à la presse, le lundi 3 août 2020 à Ouagadougou, a fait le point de l'ensemble des actions entreprises dans ce cadre.

De ce qu'il a dit, son ministère a «intercédé » auprès de ceux en charge de la Sécurité et des Transports pour l'obtention d'autorisations de survol et d'atterrissage des vols pour des cas d'urgence.

En outre, a poursuivi le ministre, le département en charge des affaires étrangères a intervenu pour l'obtention d'autorisations de sortie, d'entrée et de laissez-passer au profit de Burkinabè bloqués à l'étranger. Ainsi, a confié Alpha Barry, ce sont au total 843 autorisations de sortie et d'entrée qui ont été accordées à 11 647 personnes à la date du 30 juillet 2020.

« Parmi ces personnes, certains comme nos compatriotes bloqués au Mali, en Côte d'ivoire, au Niger, au Togo et au Ghana disposaient des moyens pour leur déplacement », a indiqué le ministre.

D'autres en revanche, telles que les malades partis pour des soins, les fonctionnaires en fin de mission, les étudiants et les commerçants, qui sont restés bloqués dans des continents lointains ont vu leur visa s'expirer et se sont retrouvés dans une situation irrégulière.

« Le ministère des Affaires étrangères a dû écrire aux différents pays pour demander la prolongation de leurs visas », a fait savoir Alpha Barry.

«Mais au regard de la situation délicate dans laquelle certains se trouvaient, il fallait à tout prix trouver des solutions pour qu'ils puissent retrouver leurs familles », a souligné le ministre qui a précisé que son département a dû entamer des négociations au plus haut niveau pour, d'une part, avoir l'accord de principe des compagnies et l'autorisation de survol et d'atterrissage sur le territoire de ces pays, et, d'autre part, avoir l'autorisation de sortie pour les compatriotes.

La mangue burkinabè en Europe

En collaboration avec le ministère de la Santé et l'Agence nationale de l'aviation civile (ANAC), 39 opérations de rapatriement ont été organisées dans 16 pays différents.

Toute chose qui, aux dires du premier responsable du département, a permis de faire rentrer 2431 Burkinabè. « En plus des 2431 Burkinabè, nos services ont œuvré pour permettre à des citoyens d'autres pays de transiter par le Burkina Faso », a mentionné le conférencier.

Ce sont donc au total 1716 personnes qui ont pu bénéficier de laissez-passer pour sortir du Burkina Faso. Par ailleurs, a rappelé Alpha Barry, tout avion qui survole ou atterrit sur le territoire burkinabè doit se faire délivrer une autorisation par l'ANAC.

En temps ordinaire, le ministère en charge des affaires étrangères intervient lorsqu'il s'agit de vols spéciaux.

Pour les vols commerciaux, les agences «gèrent » directement avec l'ANAC. Mais dans la situation de la COVID-19, toutes les autorisations, selon les dires du ministre Barry, sont passées par son département. «Ainsi, ce sont au total 329 autorisations de survol et d'atterrissage qui ont été délivrées du 21 mars au 30 juillet 2020 », a indiqué le ministre.

La fermeture des frontières étant intervenue pendant la campagne de mangue, le ministre des Affaires étrangères a dû saisir ses homologues marocain, éthiopien et qatari en vue de bénéficier des services de leurs compagnies nationales pour l'écoulement des produits de la filière mangue vers l'Europe. Et ce, a noté Alpha Barry, afin d'éviter que des centaines de tonnes de mangues ne pourrissent.

«Après plusieurs échanges avec les autorités éthiopiennes, c'est finalement la compagnie Ethiopian Airlines qui a accepté assurer la liaison Burkina Faso-Francfort avec un total de près de 204 tonnes de mangues au prix d'un dollar américain par kilogramme », s'est réjoui le ministre qui a souligné que ces opérations ont permis à la mangue burkinabè de retrouver le marché européen après 22 ans d'absence.

Qu'en est-il de la fluctuation des prix des billets d'avion qu'ont dénoncée certains compatriotes ? Répondant à cette question, Alpha Barry a indiqué qu'il s'agit de rumeurs non fondées. « Bien au contraire, nous avons plaidé pour la baisse des prix des billets.

Et cela a été le cas pour la liaison Burkina-Cameroun où, grâce à l'appui d'une société minière, le prix du billet est passé de 800 000 à 500 000 F CFA», a-t-il déclaré.

Plus de: Sidwaya

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