Sénégal: Les locaux du journal «Les Échos» vandalisés à Dakar

Entrée de l'aéroport de Dakar

Les locaux du quotidien ont été vandalisés par des partisans d'un chef religieux et dirigeant de parti politique, qui reprochaient à sa rédaction d'avoir affirmé que ce dernier avait été testé positif au coronavirus.

Des actes violents dénoncés par plusieurs organisations internationales, ainsi que par les organisations de presse sénégalaises qui réclament des sanctions.

Des ordinateurs aux écrans brisés, une télévisions face contre terre, la petite salle de rédaction du journal Les Échos porte encore les traces des actes de vandalisme de la veille. Son rédacteur en chef, Mbaye Thiandoum, raconte : « L'attaque a eu lieu après 13 heures.

J'ai constaté les dégâts, six ordinateurs ont été cassés, plus la télévision à écran plat. Dans mon bureau, où se trouve également le monteur du journal, nos deux machines ont été cassées. Quand ils sont arrivés, ils se sont présentés comme des talibés de Serigne Moustapha Sy, qui est un guide religieux. »

Lundi, Les Échos avaient affirmé en Une que Serigne Moustapha Sy, chef religieux de la confrérie des Tidianes et président du Parti de l'unité et du rassemblement (PUR), avait été « terrassé par le Covid-19 ».

Dans un communiqué, le PUR a dénoncé des « mensonges éhontés » et a prévenu le journal : « Laissez-le tranquille si vous voulez la paix ».

Des menaces qui inquiètent Mbaye Thiandoum : « C'est un grand danger pour la presse sénégalaise. Si cet acte reste impuni, toute personne se sentant peut-être diffamée pourrait s'attaquer n'importe comment à un journaliste.

Les gens ne sont pas obligés de se taire parce que c'est un marabout. Donc c'est important aujourd'hui que de tels actes soient dénoncés, et surtout soient punis pour que demain, d'autres ne seront pas tentés de faire la même chose. »

Le ministre de la Communication Abdoulaye Diop a assuré que de « telles dérives ne peuvent, aucunement, être tolérées ».

Plus de: RFI

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