Madagascar: Remaniement immanent

Des membres du gouvernement sont aujourd'hui dans leurs petits souliers. Quoique des angles aient été arrondis, « la liste d'Ahmad » a laissé autant de traces indélébiles au sein de l'Exécutif que de graves séquelles dans certains esprits chagrins.

Les protagonistes de ce malaise en haut lieu, doivent désormais se regarder en parfaits chiens de faïence à travers les écrans, les prismes déformant des visioconférences des conseils des ministres et du gouvernement. Encore heureux que les progrès de la technologie de l'information et de la communication leur permettent d'éviter le choc frontal.

D'où la question qui découle de source. Jusqu'à quand vont-ils supporter les supplices de cette insoutenable cohabitation qu'ils ont eux-mêmes inventée. Le « pacte de non-agression » de la coexistence pacifique va-t-il tenir longtemps? Alors que la guerre froide en plein hiver est déclarée. Seules des retouches à petit coup, avec doigté et délicatesse, parmi les membres de l'équipe de Christian Ntsay, seraient à même d'aplanir les différends, d'atténuer les animosités réciproques, de dissiper les rancœurs tenaces.

Et devraient permettre de retrouver un semblant d'ambiance cordiale et détendue du côté du cadre champêtre, enchanteur du palais boisé de verdure de Mahazoarivo. Aux portes desquelles, des opposants, fatigués par une déjà longue traversée du désert, piaffent d'impatience.

Mais l'opération ne sera pas simple, elle sera même compliquée. Les hésitations du président de la République, Andry Rajoelina, à sanctionner le « fautif » sur le champ, atteste de ses difficultés à gérer la situation. Remercier le professeur Ahmad Ahmad, pour « l'ensemble de ses œuvres », aurait réveillé les démons du tribalisme primaire. Question d'éthique et... d'ethnique.

Et s'attirer les foudres des Associations des natifs ou « des nocifs » de la province de Mahajanga. Car, il aurait été le quatrième membre du gouvernement originaire de l'ouest du pays, depuis la Transition, à être évincé ainsi. Après l'autre professeur, Alain Tehindrazanarivelo, lui aussi vice Premier- ministre chargé de la Santé publique. Marie-Thérèse Volahaingo et Rijasoa Andriamanana, toutes deux passées à la trappe au ministère de l'Éducation nationale, de l'enseignement technique et de la formation professionnelle.

Trancher sur le cas Ahmad Ahmad. Trouver un(e) remplaçant(e) au poste de la technicienne de haut vol au CV impressionnant, qu'est Rijasoa Andriamanana. Prévoir une éventuelle démission de madame Stuart Naharimamy, pour des raisons personnelles évidentes. Voilà les trois inconnues de l'équation à traiter par les deux chefs de l'Exécutif. Ils ont tout intérêt à s'y atteler sans plus tarder.

Plus de: L'Express de Madagascar

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